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29 février

Delphiiiiiiiine !

Excusez ce message perso mais c'est important :
 
Toutes mes félicitations !!! Rire
T'es la meilleure !
 
 
 

Semaine de lecture

 

En Sorbonne, nous avons nos propres termes pour annoncer nos vacances sans en avoir l’air. Car, oui, cela s’apprend !

 

Après un mois de janvier où l’on me disait : « Alors, les partiels ? » et où je répondais : « Finis ! », quand on me répliquait : « Ah, feignante, t’es en vacances alors ! », je me devais de répondre l’air choqué : « Non, c’est seulement que je n’ai pas cours. » En effet, ces 2 semaines ½  n’étaient pas marquées comme vacances sur mon emploi du temps et il convenait de le signaler.

 

En revanche, j’ignorais comment esquiver le terme de « vacances » pour cette semaine des « vacances de février » parisiennes que l’on nous accordait. L’un de mes profs m’a donné la solution, de façon tout à fait honorable. Sur son planning des séances étaient en effet écrits les mots suivants :

 

SEMAINE DE LECTURE

 

Aaaaaaaaah ! Superbe monsieur ! Et en plus, il a…. raison ! J’ai en effet 8 œuvres au programme ce semestre, ce qui est un programme conséquent, non à lire mais à maîtriser en profondeur. Une semaine de lecture s’impose donc.

 

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Le problème est le suivant :

entre ce que je dois lire,

entre ce que je peux lire (j'encadre un stage judo / montagne à partir de samedi),

entre ce que je devrais lire,

et entre ce que je souhaiterais lire

QUE CHOISIR ?

 

 

 

Un peu d'histoire naturelle...

 
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            Après un temps de gestation d'au moins trois ans dans l'antique et glorieux sein des Etudes Littéraires Généralistes, le jeune padawan sorbonnard se voit contraint à une évolution qui, si elle n'est point métamorphose, n'en conduit pas moins à de profondes perturbations de son être profond. Par des interrogations, par des doutes. Par des passions aussi.
 
            De facto, le jeune padawan jusque là choyé, gavé et confiné dans une largesse dans laquelle il pouvait baigner béat sans trop se questionner se voit à l'aube du commencement d'une quête épique. Il peut renoncer, s'il le souhaite... ou prendre ses armes les mieux fourbies pour frapper doucement mais fermement  à la porte au frontispice étrange : "Master Recherches". Toutes les recherches lexicologiques qu'il a pu mener ne lui ont rien appris sur cette étrange combinaison...
 
            Veut-il vraiment continuer ? Il frappe. Il apprend alors la première étape de son initiation : il lui faut se spécialiser et se trouver pour les mois à venir un magister sous la férule duquel le padawan, devenu disciple, travaillera [sans relâche ?]. Et, bientôt, peut-être après moult épreuves, le padawan aimera se titrer lui-même d'un nom en "yy" ièmiste (yy = nombre compris entre 16 et 20, sauf nominations particulières). Il paraîtrait aussi que traînent dans l'université d'autres êtres, terriblement mystérieux, qui auraient commis l'irréparable choisi une curiosité : se spécialiser en langue française. Nous procéderons peut-être un jour ici à l'observation de leurs moeurs (alimentation, reproduction, sabir, latinismes préférés etc) mais nous nous concentrerons sur ce blog sur la XIXèmisation, du fait de son auteur qui se prépare à subir cette opération... Avec une première étape prévue dans 15 jours. Glups.   
 
 Entrée dans ce monde mystérieux dans quelques mois...
 
25 février

La phrase du jour (25 février 2008)

 
         Ce jour, la palme fut remportée en cours de littérature par... notre professeur ! (Navrée monsieur, malgré tout le respect que je vous porte mais aussi que je vous dois, vous allez faire la une de cette rubrique de mon blog pour non pas une mais deux de vos phrases !).
 
Monsieur A. : "Alors, Laetare, c'est un chant de joie qu'on chante à Pâques qui est le début de l'année liturgique."
 
Et là, Zabou tomba en apoplexie au balcon de l'amphi Cauchy. Grenouille 
(2 erreurs liturgiques dans la même phrase tout de même, miam ! Je vais vous envoyer mes jeunes servants tiens...)
 
Monsieur A. : "Alors, ce vers vous fait penser à quel oiseau, hmm ? Hmm ?
A la chauve-souris bien sûr !"
 
Mais bien sûr ! Tire la langue
 
24 février

Via Turonensis 2007 : 14

 
        Après avoir cherché un mac do (oui, nous étions omnubilés par ce fast-food) dont nous voyions la pub partout et après avoir appris qu'il se trouvait à l'autre bout de Poitiers, nous décidâmes d'un commun accord de continuer notre marche vers le sud de Poitiers. Ce fut une bonne idée : nous trouvâmes avant de quitter la ville un petit restaurant ouvrier qui servait des plats gargantuesques pour presque rien ! J'exagère à peine : ayant du abdiquer face à la quantité, les garçons peinèrent à finir ma part en plus de la leur (ce qui n'est pas peu dire quand on connaît l'appétit de ces charmants jeunes hommes !). Bref, heureusement que le kilométrage était réduit : nous nous serions autrement trouvés un peu lourds.
 
       Allant vers Ligugé et sa célèbre abbaye bénédictine (croquée sous le nom de Val-des-Saints dans l'oeuvre de J-K Huysmans), nous eûmes la surprise de constater que la chemin était quasi-fléché :
 
Un village du nom de St Benoît !
Amusant, non ?
 
           La route était particulièrement agréable puisque nous avions à traverser la forêt domainiale de Ligugé. Il n'y a pas à dire : cela nous changeait de la Beauce sous un soleil de plomb, c'est-à-dire de l'édition 2006 de notre pèlerinage !
 
Arrivée à l'abbaye St Martin de Ligugé
Et nous voilà arrivés à Ligugé !
 
           ... Où nous fûmes très bien accueillis par les moines qui commencèrent en nous offrant une menthe à l'eau rafraîchissante. Suivirent une courte prière dans l'église (dixit le chapitre de la RB sur l'accueil des hôtes, isn't it ?), un tour des lieux, l'échange de quelques mots sur notre pélé, sur le "benedictin's world" ("Vous connaissez d'autres abbayes ?" ---- "Aaaah, l'abbaye de Fleury ! Qui y connaissez vous ?" ---- "Ah vous le saluerez de ma part alors" : tout le monde se connaît dans les monastères, complètement ouf ! Clin d'oeil), le tampon sur notre credencial à la boutique ("Wouah ! Vous en avez déjà plein ! Et des beaux !") et enfin l'installation dans nos chambres. (Contrairement aux garçons, j'avais droit à une douche dans ma chambre : traitement de faveur ? héhéhé Tire la langue)
 
Bon, j'admets : leurs chambres remportent le prix de confort par rapport aux différentes hôtelleries monastiques dans lesquelles j'ai eu l'occasion de me rendre.
 
              Il restait du temps avant Vêpres et nous en profitâmes pour visiter leur musée (divisé en 2 parties : l'une sur les émaux, l'autre sur la vie monastique), la boutique monastique locale (haut-lieu traditionnel de délire quand j'ai la (mal)chance de m'y trouver avec Arnaud), l'ancienne église abbatiale et la petite chapelle commémorant le miracle de saint Martin ressuscitant un catéchumène.
 
              Puis bel office de Vêpres (même si les différences avec les offices de l'abbaye de Fleury me perturbèrent un peu... mais rien de grave !Clin d'oeil) J'y eus une petite pensée pour Julien de la blogosphère catholique qui connaît bien ces lieux et qui me les avaient conseillés quelques semaines auparavant. Office suivi du dîner....
 
A suivre...
 
 
23 février

Seras-tu là ? [Guillaume Musso]

Musso...
On me le louait sur tous les tons à la Marc Lévy : du coup, je m'en méfiais.
Mais je suis ouverte d'esprit. Alors, j'ai pris le livre qu'on me tendait.
 
Hélas, hélas... Pourquoi appelle-t-on cela de la littérature ? Pourquoi des pages aussi indigentes ? Aussi pauvres tant d'esprit que de style ? On me réplique : "ce n'est pas un écrivain mais admets qu'il a des qualités d'imagination qui font réfléchir ! Et puis, son style coule"

- De l'imagination ? Certes, et encore : les paradoxes spatio-temporels, ce n'est tout de même pas ultra-neuf.
- Facile à lire ? Ca oui, mais cela n'a jamais déterminé la qualité d'un livre.
- Faire réfléchir ? Alors là, je rigole un peu... Autant certains romans, même beaucoup, amènent à la réflexion (une maxime du XVIIème siècle ne disait-elle pas : "les romans sont nos précepteurs muets ?"), autant là... Tout peut porter à la réflexion, soit, mais je ne trouve pas que cela soit un archétype du genre !!! L'amour, l'amitié s'y entremêlent mais, est-ce bien suffisant de remuer tout cela pour faire mouche ?
 
Et puis le happy-end béat de la fin... je crois que j'aurais préféré que cela se termine mal : j'y aurais au moins vu une preuve d'originalité.
 
Oui, c'est un lynchage et ce pauvre Musso ne le mérite sans doute pas à ce point mais j'en ai parfois assez de voir des gens s'enfermer dans ce genre de littérature, la tenant pour "la" littérature et s'arrêtant dès qu'un livre est un peu délicat à lire. Dieu merci, ce n'est sans doute pas le cas de tous les lecteurs de Musso mais regardez les meilleures ventes de livres de notre pays : c'est souvent tristement édifiant.
 
21 février

Ce que Dieu veut ?

 
"Ce que Dieu veut de nous avant toutes choses, c'est que, lui cédant entièrement notre volonté, nous lui laissions faire tout ce qui lui plaît. Sans cela, tout ce que nous disons à Dieu, tout ce qu'il nous dit lui-même ne nous sert de rien... Car Dieu sait ce qu'il doit faire, et notre résignation lui est bien plus agréable que si nous lui promettons de faire par un mouvement de propre volonté des choses extraordinaires pour sa gloire ; or, quoi que nous puissions faire ou dire, Dieu ne demande et ne désire rien tant de nous, que de nous entendre lui dire du fond de notre coeur : "Seigneur, que votre volonté, qui m'est plus chère que toutes choses, soit accomplie !""
 
in Jean Tauler, Institutions
 
 

Astérix aux Jeux Olympiques

 
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Circulez, rien de spécial à voir.
 
           Bon, ok, j'exagère, il y a quelques moments plaisants, où l'on rigole, mais comme un bon gros air de "déjà vu". C'est bête car avec la palette de stars (Ah Delon en César ! Ah Schumi et Zizou en guest star !), la barre pouvait être mise bien plus haut ! Et que dire des effets spéciaux à gogo qui ne servient à rien sinon à prendre le spectateur pour un niais incapable d'imaginer les effets de la potion magique ?
 
La moyenne, tout de même, parce que c'est Astérix.
 
20 février

Pas de quartier !

 
        Allez, ce soir, je vais vous partager l'une de mes premières découvertes de ce 2nd semestre. Connaissez-vous l'origine de l'expression "pas de quartier" ? Jusqu'il y a encore très peu de temps, la question ne m'avait même pas effleuré l'esprit, à ma grande honte.
 
        C'est curieux tout de même. En y réfléchissant, on pourrait se dire qu'un massacre devrait au contraire s'annoncer par : "Plein de quartiers" [sous entendu la suite : de corps !] ou sinon comprendre "pas de quartier" pour demander d'effectuer cela proprement... En ce cas, on perd le côté barbare.... Non, l'origine de l'expression ne vient pas d'une de ces possibilités ! Mais... du quartier de la ville !!! Comment ? Quel lien alors ?
 
        Il faut remonter aux temps anciens, à la société féodale pour être précise. Autour de chaque église, lieu d'asile, il y avait un quartier dit "quartier de sauveté". Et, lors de l'attaque d'une ville, les habitants qui parvenaient à atteindre ce quartier étaient... sauvés ! Les choses changeaient quand les assiégeants étaient plus barbares -ou vraiment énervés ?-. En effet, ils s'écriaient : "Pas de quartier" [de sauveté !] : alors, tous les habitants étaient massacrés jusqu'au dernier.
 
Que de barbarie !  
 
19 février

L'île

 
 

 

Déroutant. Prenant. Réellement différent.

 

C’est ce dernier qualificatif qui s’applique sans doute le mieux au film « L’île », plongée dans le monde ou, plutôt non, dans l’âme russe. On se croirait immergé d’un coup dans un roman de Dostoïevski –Les Frères Karamazov particulièrement- noms complexes des personnages en moins ! Oui, le rapprochement avec ce roman de Dostoïevski se fait assez naturellement car l’on songe au fameux starets Zosime mais… l’intrigue est aussi bien différente, malgré des convergences assez évidentes.

 

L’histoire ? Oh, vous savez, il ne s’y passe pas grand-chose... et pourtant, que l’on est dedans ! J’n’ai rien d’autre à dire sinon vous conseiller d’aller le voir, si toutefois vous êtes l’un des heureux chanceux proches d’une salle le donnant !

 

 

 
18 février

Hymne de Carême

 
 
Sois fort sois fidèle Israël, Dieu te mène au désert ;
C'est Lui dont le bras souverain ouvrit dans la mer un chemin sous tes pas.
 
Oublie les soutiens du passé, en Lui seul ton appui ;
C'est Lui comme un feu dévorant qui veut aujourd'hui ce creuset pour ta foi.
 
Il veut par-delà le désert te conduire au repos ;
Sur toi resplendit à ses yeux le sang de l'agneau immolé dans la nuit.
 
Poursuis ton exode Israël, marche encore vers ta joie ;
La vie jaillira de la mort ; Dieu passe avec toi et t'arrache à la nuit.
Poursuis ton exode Israël, marche encore vers ta joie.
 
 -CFC-
 
17 février

Prier avec les pieds

 
         J'évoquais ce texte dans mon dernier billet, trouvé en l'église saint Hilaire de Poitiers. Contrairement à mes habitudes, je le retranscris intégralement ici malgré sa longueur car je lui trouve de singuliers accents de vérité... et qui n'est pas un peu pèlerin en ce temps de marche spirituelle qu'est le Carême ?
 

 

Prier avec les pieds

-par E-R LABANDE-

 

            Il serait banal, et sans grand intérêt, d’énumérer les petites et grandes misères qui résultent de la marche continue : ampoules sournoises qui jaillissent en des points inattendus, douleurs qui vous réveillent en pleine nuit, soins que l’on se voit amené à prendre de ces deux bons serviteurs que sont les pieds, les pommadant, les talquant, les emmaillotant comme de pauvres bébés grognons…

            Ne perdons pas un temps précieux à dénoncer tout ce qui contribue, au long de tant de monotones journées, à rabattre le caquet du marcheur : poids du sac, toujours trop lourd, même si le contenu en a été rationnellement conçu et équilibré ; douleurs qui en résultent sur les omoplates, sur les reins, avec des élancements subits ; servitudes physiologiques, intestinales surtout, contraintes humiliantes et imprévisibles ; poussière et crasse dont une hygiène, parfois sommaire, de l’étape enraie mal l’humiliante progression ; soucis matériels de toute nature (« où vais-je pouvoir dormir ce soir ? ») qui, si l’on n’y prend garde, deviennent obsédants au point d’offusquer le dessein spirituel, ou tout au moins de le reléguer au second plan.

 

Tentations – consolations

            Une tentation fréquente sera d’imaginer, au cœur de la journée, non sans délectation, ce que sera l’arrêt du soir : d’abord la douche… puis le dîner escompté, en compensation des indigestes sardines ou du sandwich pâté ingurgité sans plaisir… et encore davantage de ce que l’on va pouvoir boire !

            Je me souviendrai toujours d’un soir, en Gascogne, où, me dirigeant sur Lourdes, j’avais demandé hospitalité à un curé de village, aussi obligeant que pauvre. N’ayant pas de « chambre à offrir », il m’avait proposé de passer la nuit à côté du presbytère, sur une paillasse, dans la salle paroissiale qui servait visiblement de patronage. Plein été. Le jour n’en finissait pas de s’éteindre. En face de cette salle, le cimetière, pelotonné autour de l’église. Les portes de celle-ci étaient grandes ouvertes, et au fond je voyais briller l’ampoule rouge du sanctuaire. Pas un bruit, on était à l’écart de la route. Au-dessus de ce paysage de paix, un ciel vert clair ou paille, lumineux, transparent, dans lequel les astres allaient peu à peu s’insérer. Le pèlerin, malgré les 35 km de sa journée, n’avait aucunement sommeil et n’éprouvait plus d’autre besoin que de prier : il se sentait parvenu aux rives d’une incommensurable béatitude.

 

Enrichi – appauvri

            Quelle est la plus manifeste grâce dont soit enrichi le pèlerin qui marche ? Au fond, il s’agit de tout un ensemble, dont les lignes directrices sont discernables aux plus myopes : vie simplifiée, vie pauvre, voie d’enfance… Laisser sa famille pour des semaines, se couper de son travail… cela représente assurément un effort initial qui peut être déchirant. Mais au bout de quelques jours, voici que la blessure est déjà cicatrisée et qu’une grande paix vous envahit. Le seul fait de n’avoir que peu de linge dans son sac, une tenue si médiocre, allège et calme le vieil homme. Ainsi, le musulman qui approche de La Mecque prend-il des vêtements simplifiés « ibram » pour « renaître à une vie nouvelle ».

            Par l’accomplissement de son vœu de pèlerinage, l’homme que nous observons est en effet devenu, sans s’en douter, un pauvre. Même s’il a pris des précautions avant de partir, s’il s’est fait envoyer poste restante quelque mandat par sa femme, il est à présent un pauvre. Car il est et se sent l’égal et le frère du mendiant, du pauvre bougre, du gendarme méfiant qui exige de voir ses « papiers », comme du jeune barman qui le regarde vider son vichy-fraise.

 

« Partir ailleurs pour revenir autre »

            Ce qui surtout, jour après jour, va révéler au marcheur qu’il est dans la « vita nuova », c’est que désormais il ne peut plus faire un personnage ; il renonce de par sa nouvelle condition à toute prétention ; il ne joue plus au mandarin et, s’il a cru parfois jouir de quelque prestige social, à présent le voici ramené au plan d’autres. Il va tomber un couple de clochards quelque peu poivrots, ou bien sera rattrapé par un Portugais qui va tenter de se louer pour les vendanges, ou bien rencontrera un garçon encore jeune, traînant son accent de Belleville sur une route du Périgord, qui lui demande une cigarette et avoue vite qu’il sort de prison. Et avec l’un ou l’autre le dialogue aura existé : conversation impensable en temps « normal ». Ah pèlerin, tu as cessé de faire le malin, l’avocat qui polit ingénieusement sa péroraison ou le bridgeur que s’arrachent les salons : tu commences à découvrir qu’il y a de par le monde bien d’autres êtres intéressants que ton collègue agrégé, ou ton ami rotarien…

            Il est pauvre encore parce qu’hier soir, arrivant dans ce village encore loin de Lorette et ne pouvant vraiment demander davantage à ses pieds, il a bien cru ne jamais trouver un lit : il a du mendier auprès de neuf ou dix logeuses, avant de trouver la vieille qui a consenti à l’héberger. Il est pauvre, parce qu’il ne fait que baragouiner la langue du pays et que cela, en l’humiliant, complique singulièrement sa tâche.

 

Confiance

            Le marcheur va retrouver dans la voie d’enfance ce qui signifie une confiance totale en Celui pour qui il se déplace, qu’il a reçu dans l’Eucharistie tout à l’heure et qu’il a par moments l’impression de tenir par la main tandis qu’il continue d’avancer. « Pèlerin, chantait lyriquement un poète irlandais du IXème siècle, prends bien soin que ton voyage ne devienne pas vain, sans profit ni gain pour toi. Le Roi que tu cherches, tu le trouveras à Rome, c’est vrai, mais seulement dans la mesure où il aura fait route avec toi… »

            Une telle confiance, de jour en jour affermie, inonde le cœur du marcheur parce qu’il a eu enfin tout le temps de prier, et parce que cette prière est orientée dans un but précis… Je parle du but spirituel. Car nous touchons aux fondements même de ce voyage, vous pensez bien que cet homme ne s’est pas engagé dans pareille aventure sans motif grave ! Il a voulu, par exemple, marcher pour remercier Dieu d’avoir à la vie son ami en péril de mort ou pour implorer la fin de l’interminable tuerie au Viêt-Nam. Et si j’évoque à son propos la voie d’enfance, c’est en revoyant l’image de la petite Thérèse, au fond de son Carmel, se forçant à déplacer son pauvre corps douloureux que la maladie ronge et disant dans un sourire : « C’est pour un missionnaire que je marche. »

 

Il ne suffit pas de se rendre en un lieu saint, ni d’accomplir un certain nombre de gestes.

Il s’agit, hier comme aujourd’hui, de « partir ailleurs pour revenir autre. »

15 février

Via Turonensis 2007 : 13

 
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          Quelques rapides minutes de marche et nous étions arrivés au baptistère saint Jean, l'un des plus anciens monuments chrétiens de France ! Sa partie la plus ancienne date des années 360, vous rendez-vous compte ! Bien sûr, nous souhaitions le visiter mais en nous approchant, nous nous retrouvâmes devant une porte close. Hélas ! Néanmoins, pleins d'espoir, nous nous rendîmes au musée d'à côté, voir si une clef ne pouvait nous être prêtée... nous étions des pèlerins tout de même ! Mais nos supplications restèrent inefficaces : ni le fait d'être pèlerins, ni le fait d'être 3 jeunes étudiants venant respectivement de l'ESTP, de l'ENAC et de la Sorbonne pour voir le baptistère (bon, ok, on a exagéré mais pourquoi pas ?) n'y firent rien et notre admiration se borna donc à l'extérieur du monument.
 
          Notre balade dans Poitiers ne s'arrêta pas là et c'est en flânant quelque peu dans les rues que nous parvînmes à l'église saint Hilaire. Pourquoi s'y arrêter ? Voyez plutôt ci-dessous !
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          Eglise romane -ce qui charma bien sûr Zabou- ayant malheureusement du être pas mal reconstruite au fil des siècles. Les vitraux, modernes, y narrent la vie de saint Martin de Tours dont saint Hilaire, enterré dans cette église, fut le maître.
 
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Le tombeau de saint Hilaire
 
         Avant de repartir, la découverte d'un texte intitulé "prier avec les pieds" nous plut beaucoup : je le posterai prochainement sur ce blog afin que vous puissiez en profiter. Nous nous dirigions peu à peu vers la périphérie de Poitiers et cherchions de quoi déjeuner...
 
A suivre...
 
 
13 février

La phrase du jour (13 fév. 2008)

 
1er cours de civilisation latine du semestre :
 
La prof : "Salluste, ça vous fait penser à quelle oeuvre ?"
Une voix bien connue derrière moi : "A la folie des grandeurs !"
 
 
Merci Hélène ! Sourire
 
 
 
 
12 février

Duel au sommet

 
 
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Pour la présidence de la Sorbonne,
Pour élire le successeur du regretté Robert de Sorbon, légat du pape,
 
A ma gauche : Georges Molinié, professeur de stylistique, président de la Sorbonne jusqu'en 2003
A ma droite : Jean-Robert Pitte, professeur de géographie, président sortant.
 
Au milieu ?
Quelques étudiants traités trop souvent de gamins, contemplant ébahis les jeux des adultes.
 
 
 
11 février

Vier Minuten

 

Voilà que j’ai énormément de retard dans les films vus ces derniers temps. Alors, quelques simples mots sur Vier Minuten (4 minutes pour les –ô honteux soyez-vous !- non-germanistes mais la traduction n’était tout de même pas fort complexe).

 

 

Schéma classique pour ce film : un environnement hostile, violent, castrateur de toute création. Et là, vlan : un talent déboule dans tout cela, réunissant comme à l’habitude le pari de liguer tous les imbéciles contre lui. Le piano comme échappatoire à la brutalité de la réalité carcérale : c’est ce que prône Traude Krüger qui enseigne chaque semaine le piano à des détenues souvent peu douées. Mais il y a Jenny. Jenny, l’héroïne suicidaire, au psychisme dérangé. Et la rencontre se fait, complexe, tendre et violente.

 

Un flagrant manque d’originalité narrative dessert ce film –on devine sans grande peine la fin et l’on songe aussi à Shine- qui pourrait autrement devenir excellent. C’est d’autant plus dommage avec des acteurs jouant avec une admirable justesse et une appréciable bande sonore !

 

8 février

Parler, chercher...

 
"Parler donc est difficile, si c'est chercher... chercher quoi ?
Une fidélité aux seuls moments, aux seules choses
qui descendent en nous assez bas, qui se dérobent,
si c'est tresser un vague abri pour une proie insaisissable..."
 
in Philippe Jaccottet, Chants d'en-bas
 
5 février

Absente

 
... jusqu'à vendredi !
 
Bene valete omnes gentes ! Clin d'oeil
 
2 février

Visite [à Sion ?]

 
 
 
En racontant comment est née une chose,
on révèle l'irruption du sacré dans le monde,
cause ultime de toute existence réelle.
 
Tout espace sacré implique une hiérophanie,
une irruption du sacré
qui a pour effet de détacher un territoire du milieu cosmique environnant
et de le rendre qualitativement différent.
Lorsque, à Haran, Jacob vit en songe l'échelle qui atteignait le ciel
et entendit le Seigneur au sommet qui disait :
"Je suis l'Eternel, le Dieu d'Abraham !"
Il s'éveilla saisi de crainte ets'écria 
"Combien ce lieu est redoutable !
C'est bien ici la maison de Dieu, c'est ici la porte des cieux !"
 
La théophanie consacre un lieu par le fait même qu'elle le rend,
ouvert vers en haut, c'est-à-dire communiquant avec le ciel,
point paradoxal de passage d'un mode d'être à un autre.
 
Toute création étant oeuvre divine,
et donc irruption du sacré,
représente donc une irruption d'énergie créatrice dans le Monde.
Toute création éclate d'une plénitude...
C'est pour cette raison que cette manifestation victorieuse d'une plénitude d'être
devient le modèle exemplaire de toutes les activités humaines.
 
In Le Sacré et le profane,  M. Eliade