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30 mars

Ils sont partout !!!

 

Oui. Partout ! Omniprésence curieuse, surprenante. Inquiétante ?

 
Brr...
 

 

Cela a commencé sur la Toile où les liens se tissent on ne sait trop comment, au mystère des clics. Avec la patience et l’habileté  d’une araignée, on vit proliférer des blogs tenus par une engeance étrange : des prêtres du diocèse de Coutances. Il y a David, celui qui apprend à regarder, Christophe qui écoute un drôle de Bouquin et J-C qui perçoit des Clins Dieu… Trois blogs de prêtres : concentration / concertation surprenante quand il s’agit d’un même diocèse !

 

Alors, ce matin, imaginez ma surprise quand, accomplissant mon devoir ou plutôt ma joie dominicale, après avoir habillé et distribué les rôles dans ma troupe de p’tits bons hommes et p’tites bonnes femmes tout de blanc vêtus (pas si p’tits que ça d’ailleurs), j’entendis Chapot’pot’, vicaire de son état annoncer : « Nous avons la joie d’accueillir parmi nous le père Roger C. du diocèse de Coutances ». COMMENT ? COUTANCES ? ARGHHHHHHH ! Et je constatai en effet qu’un homme en blanc supplémentaire, était présent dans notre sacristie et regardait avec son regard limpide, amusé ou étonné du nombre, je l’ignore, notre groupe se préparer à la messe.

 

Que venait-il donc faire là ? Le diocèse de Coutances… Etait-ce donc ce que j’osais à peine soupçonner, une secte qui tentait d’essaimer ? Voire une loge parallèle à celle dont l’existence avait été révélée il y a quelques mois ?

 

Mais il nous dit à son tour : SHALOM. Ouf.

 

 
29 mars

De l'art de se griser

 
"Sans se soucier des définitions stupides des professeurs, je vous déclare que le lyrisme est la faculté très rare de se griser de la vie et de la griser de nous-mêmes ;
la faculté de transformer en vin l'eau trouble de la vie qui nous enveloppe
et nous traverse ;
la faculté de colorer le monde avec les couleurs spéciales de notre moi changeant."
 
in L'imagination sans fils et les mots en liberté, Marinetti
 
27 mars

La phrase du jour (27 mars 2008)


             TD de latin, phrase de présentation ultime sur l'Ars amatoria d'Ovide :

"L'Art d'Aimer c'est en fait le Manuel de drague pour les nuls.
Mais en plus classe car écrit en hexamètres donc un peu comme s'il était fait en alexandrins aujourd'hui."

Merci m'sieur ! Clin d'oeil


25 mars

Eblouie... Etonnée...

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Que de lumière(s) en ces saints jours festifs ! J'en demeure toute éblouie...
Et étonnée à la façon des femmes et des apôtres au tombeau : "bah mince alors, v'là t'y pas qu'on nous l'a volé notre rabbi ! Y a la pierre qui a été ôtée ! Qui est assez costaud pour faire cela ?"

Mais voilà, en fait, il y a plus étonnant que le rapt...
IL EST RESSUSCITE !


Et, avec tout cela, 3 p'tits mots pas bien longs à la profondeur incommensurable j'avais oublié de vous souhaiter l'essentiel :

JOYEUSES FETES PASCALES A TOUS !
(eh oui, au pluriel : il y en a pour 50 jours... au moins ! Clin d'oeil)


23 mars

Dans la nuit de Pâques

 
 
Dans la nuit, on entend un chant s'élever au loin, apportant la lumineuse clarté du jour :
 
ALLELUIA !
 
 
22 mars

Chut, on veille, on prie...

 
Samedi Saint
 
Silence !
 
"Depuis toujours la Bible suggère ces moments d'apparente vacuité dans la vie d'hommes ou de femmes de Dieu qui sont en fait des temps d'intense activité. Cette activité se fait au dedans de la chair dans laquelle Dieu fait son chemin et s'installe pour la renouveler. "
(Fr. Philippe Lefebvre, in "Retraite dans la ville")
 
Chuuuut,
 
Ecoute, écoute
Surtout ne fais pas de bruit
On marche sur la route
On marche dans la nuit
 
Ecoute, écoute
Les pas du Seigneur vers toi.
Il marche sur ta route
Il marche près de toi.
 
Alors,
Ecoute,
incline l'oreille de ton coeur.
 
Pour que cette Nuit soit lumière,
Rayonnante en toi.
 
21 mars

O croix dressée sur le monde...

 

Vendredi Saint

Cellule

 

1) Vexilla Regis prodeunt, fulget Crucis mysterium,
L
es étendards du Roi s’avancent, et la lumière de la Croix resplendit son mystère,
Qua vita mortem pertulit et morte vitam reddidit

À
laquelle la vie à souffert de la mort et la mort a rendu la vie.

 

2) Quo vulneratus insuper mucrone diro lanceæ

Achevé par la funeste pointe d’une lance il laisse

Ut nos lavaret crimine manavit unda et sanguine.

Ruisseler l’eau et le sang afin de nous laver de notre crime.

 

 

3) Impleta sunt quae concinit David fideli carmine

Voici qu’est accompli ce que chantait David dans les psaumes de sa foi,

Dicens in nationibus regnavit a ligno Deus.

Proclamant : « Sur les nations, c’est par le bois que règne Dieu. »

 

 

4) Arbor decora et fulgida ornata Regis purpura,

Arbre splendide et éblouissant orné de la pourpre royale,

Electa digno stipite tam sancta membra tangere.

Tronc choisi qui fut jugé digne de toucher des membres si saints.

 

 

5) Beata, cuius brachiis saeculi pependit pretium :

Arbre bienheureux dont les branches supportent pendu le salut de ce siècle :

Statera facta corporis praedamque tulit tartari.

En échange de ce corps l’Enfer a été dépouillé.

 

 

6) O Crux ave, spes unica hoc Passionis tempore !

Salut ô Croix, unique espérance dans les temps de ta Passion  

Auge piis justitiam reisque dona veniam.

Offre-la grâce aux hommes pieux, et détruis les crimes des méchants.

 

 

7) Te summa Deus Trinitas collaudet omnis spiritus :

C’est Toi, Trinité Suprême, source de notre salut, que loue tout esprit :

Quos per Crucis mysterium salvas, rege per saecula. Amen.

Par le mystère de la Croix tu nous sauves et tu nous guéris. Amen.

 

 

20 mars

Hoc est corpus meus...

 
JEUDI SAINT
 

 
Qui mange ma chair et boit mon sang  demeure en moi et moi en lui,
Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.
 
Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, vous n’aurez pas la vie en vous. 
Si vous ne buvez pas le sang du Fils de l’homme, vous n’aurez pas la vie en vous.

Je suis le pain vivant. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim.
Celui qui croit en moi, plus jamais n’aura soif.

Ma chair est une vraie nourriture, mon sang  est une vraie boisson :
Si vous mangez ma chair, si vous buvez mon sang, au dernier jour je vous ressusciterai.

Le véritable pain du ciel, c’est mon Père qui le donne.
C’est moi qui suis le pain de Dieu, le vrai pain qui donne la vie.

Le pain que je donne, c’est ma chair, ma chair pour la vie du monde.
Tel est le pain qui descend du ciel : celui qui le mange ne meurt pas !

Ecouter la bande son !

Paroles : Didier Rimaud d'après st Jean
Musique : Jacques Berthier

 

Si l'on préfère d'autres genres de musique, se référer aux bandes son des années antérieures :

La nuit qu'il fut livré
Pange Lingua

Sourire de mots

 
 
" Les hommes parlent. Les hommes se sont mis à parler et le bonheur s'épanouit à l'aisselle de chaque feuille, au creux de chaque main pleine de dons et d'espérance folle. Si ces hommes parlent d'amour, sur la face du ciel on doit apercevoir des mouvements de traits qui ressemblent à un sourire."
 
In "Le bonheur des mots", La liberté des mers, Pierre Reverdy
 
18 mars

Semaine Sainte

 

Ne descends pas dans le jardin, ô Jésus,
Ne descends pas dans le jardin avant le jour !

Si je ne descends pas dans le jardin en pleine nuit
Qui donc vous mènera vers les soleils du Paradis ?
Je descendrai dans le jardin en pleine nuit.

Ne laisse pas lier tes mains, ô Jésus,
Ne laisse pas lier tes mains sans dire un mot !

Si je ne laisse pas lier mes mains comme un voleur
Qui donc pourra détruire les prisons dont vous souffrez ?
Je laisserai lier mes mains comme un voleur.

Ne t'étends pas sur cette croix, ô Jésus
Ne t'étends pas sur cette croix jusqu'à mourir !

Si je ne m'étends pas sur cette croix comme un oiseau,
Qui donc vous gardera contre l'enfer où vous alliez ?
Je m'étendrai sur cette croix comme un oiseau.

Ne laisse pas percer ton cœur, ô Jésus,
Ne laisse par percer ton cœur par tes bourreaux !

Si je ne laisse par percer mon cœur comme un fruit mûr
Qui donc vous baignera de sang et d'eau pour vous guérir ?
Je laisserai percer mon cœur comme un fruit mûr.

Ne descends pas dans le tombeau, ô Jésus,
Ne descends pas dans le tombeau qu'ils ont creusé !

Si je ne descends pas dans le tombeau comme un froment
Qui donc fera lever de vos cercueils vos corps sans vie ?
Je descendrai dans le tombeau pour y dormir.

Texte : D. Rimaud
Illustration : peinture d'Arcabas

 

17 mars

Compte-rendu d'un simple cours

 

            Pour une fois, je suis sortie ravie d’un cours magistral de littérature générale. Non que celui-ci soit peu intéressant en temps normal mais celui de ce soir était exaltant. Et dense. Il s’agissait de penser le lyrisme en termes de pureté et de sublime. Que de richesses recèlent ces questions !

 

          Jetons un regard d'ensemble. Songeons que le Sublime a pour effet d’élever l’individu ce qui nous ramène à l’aspiration originelle de la littérature au sacré qui existait particulièrement pour la poésie lyrique, langage des prières. (« C’est la langue du ciel que parlent les prières » disait Lamartine). Et notre professeur de nous amener à réfléchir sur la distinction essentielle entre Sublime et Beau, le premier étant un « merveilleux qui saisit » (in Boileau, Traité du Sublime) tandis que le second est représentable -a priori tout au moins !- ; sur la poésie comme un genre sacré, radicalement différent des autres genres avec un poète comme Etre élu, un poète mage ; « la poésie comme perle de la pensée » (Vigny), comme forme la plus achevée de la pensée humaine. Enfin, le caractère actuel de cette question, post-Auschwitz (« Après Auschwitz, écrire une poésie est impossible » affirmait Aderno), où se pose le problème du statut même de la littérature comme produit social de l’histoire. Ce qui expliquerait les étals où s’étalent en logorrhée d’insipides pages…

 

 

Bienvenue chez les ch'tis

 
Dany Boon et Kad Merad
 
On ne présente plus ce film : c'est LE film du moment dont tout le monde parle et qui fait un tabac dans toutes les salles de France et de Navarre.
 
On en parle en bien : "qu'est-ce qu'on s'y marre" entend-on un peu partout en se tappant sur les cuisses.
Alors, est-ce si vrai ? Cette louange unanime est-elle justifiée ?
 
Sans doute, même mon avis est plus mitigé. On rigole, certes... Il y a de bonnes trouvailles, certes again... Je ne connais pas le Nord, certes re-again...
Après...
 
Beaucoup de gags sont prévisibles et sombrent dans la facilité.
Ainsi, mon avis a posteriori est le même que celui que j'ai émis à la sortie du film (ndlr : jeudi soir dernier, alors que j'en avais bien besoin) :
"pas un bon film, un bon divertissement".
 
Allez, assez parlé ciné pour ce matin, je pars en cours tout de même !
 
 

Juno

 
Affiche de Juno
 
 
J'en avais entendu grand bien mais il y avait un grand MAIS : l'on m'en parlait comme un film idéologique, ce qui m'insupportait et me poussait peu à aller pousser la porte de mon lieu de perversion UGC préféré. Pas que la visée pro-life ne soit pas louable, au contraire, mais bien plutôt parce que je n'aime pas voir baigner un film dans un conformisme ambiant, ne se dirigeant que dans un seul but et oubliant le reste.
 
En réalité... un beau film. Abordant avec tendresse de nombreux sujet délicats, avec un humour tout en retenue mais toujours bien là.
 
Avec une mention spéciale pour la bande son !
 
 
16 mars

Oraison - Rameaux

 
Dieu éternel et tout-puissant,
pour montrer au genre humain quel abaissement il doit imiter,
tu as voulu que notre Sauveur, dans un corps semblable au nôtre, subisse la mort de la croix :
accorde-nous cette grâce de retenir les enseignements de sa passion et d’avoir part à sa résurrection.
 
Oraison du dimanche des Rameaux
 
15 mars

Cuisine jésuite

 
         Quand une pressante interrogation existentielle vous tenaille -vous savez dans le genre question obsédante pour de vrai quoi- tandis que vous dînez chez vos amis jésuites, n'hésitez pas à la formuler à voix haute ! L'un d'entre eux trouvera obligatoirement moyen de vous répondre d'une manière digne d'Ignace... (ce qui n'est pas peu dire !) 
 
        Vous ne me croyez pas ? J'ai fait le test ce soir car une question agaçait mon esprit à table alors que je m'efforçais de suivre une passionnante discussion sur Hobbes. En fait je pensais à... oui... oui, je vais vous l'avouer mais c'est honteux : je pensais au temps qu'il ferait demain. Et j'espèrais que le soleil brillerait ou tout au moins que le pluviomètre resterait bloqué sur zéro. L'un de mes voisins s'avisant soudain de mon douloureux questionnement prit alors un air de confidence à la limite de la conspiration pour me donner la recette suivante :
 
Parapluie
 
«Je vais t'apprendre la formule imparable pour obtenir qu'il ne pleuve pas.
Tu prends une statue de St Ignace et tu la mets juste à l'endroit où se termine la gouttière en lui disant :
"Maintenant, tu sais ce qu'il te reste à faire". »
 
Parapluie
 
Merci du tuyau.
 
 
14 mars

Lamartine : étude synthétique de 4 poèmes

Comme souvent, je partage avec vous quelques points de mon oral d'hier portant sur les Méditations poétiques de Lamartine.

 

Etude synthétique des poèmes : La Foi, La Semaine Sainte à la Roche-Guyon, le chrétien mourant et Dieu.

 

 

Intro : La Foi. La Semaine Sainte à la Roche-Guyon. Le chrétien mourant. Dieu. 4 poèmes  principalement en alexandrins des Méditations poétiques de Lamartine aux titres à forte consonance religieuse. Ce ne sont certes pas les seuls du recueil –dont le titre même révèle cette dimension- mais ceux-ci apparaissent comme particulièrement emblématiques de la croyance et des questionnements successifs qui habitèrent le poète face aux énigmes et de la vie et de la mort. C’est donc ce questionnement métaphysique qui guidera notre étude, esquissant un cheminement intérieur tout en ambivalence du poète, questionnement d’autant plus important qu'il prend place dans la conception romantique du poète comme « être inspiré ».

 

Nous l’aborderons tout d’abord sous l’angle des sentiments comme déclencheur du questionnement puis nous étudierons la tentation du croire chez le poète, pris entre son désir et son impuissance, entre doute et foi. En dernier lieu, nous nous interrogerons sur ce qu’est cette foi à laquelle Lamartine semble parvenir.

 

 

I Un questionnement métaphysique fruit de l’affect.

            1/ Le Taedium vitae

            2/ Sensations et sentiments du poète.

            3/ Influence des autres, de l’Autre.

 

TR : Ce questionnement intérieur naissant provoque chez l’A. un désir de croire restant pourtant ambivalent, avec une prise de conscience de son impuissance et de sa bassesse face à l'Absolu.  

 

II La tentation du « croire » : une telle impuissance face à un si profond désir.

            1/ Désir de croire.

            2/ Impuissance face à plus grand.

            3/ Finalement, un poète face au doute ?

 

TR : Du simple désir, l’A. semble passer à un Dieu, à une foi qu’il définit comme un « port », même si le doute n’en est point absent. Mais quelle est-elle réellement cette Foi qu’il professe ?

 

III La foi de Lamartine ou le Poète face à l’Indicible.

            1/ Une foi catholique…

            2/ …mais teintée de déïsme et de panthéïsme (voire… pire !).

            3/ L’homme en prière.

 

Concl :

Un itinéraire personnel semble donc se dessiner dans ces 4 poèmes au travers de ce qui le provoque, de ce qui le trouble, de ce qui le détourne et l’exalte tout à la fois. Et le mot « méditations » du titre prend alors encore plus de sens comme réflexion personnelle et profonde.

 

Toutefois, si, en lisant les commentaires suivants chaque poème dans notre édition –celle des souscripteurs de 1849- nous avons identifié le sujet lyrique avec Lamartine et pensons donc avoir suivi son propre cheminement de poète inspiré, peut-être faut-il pour conclure nuancer notre propos et prêter attention aux réserves de Leconte de Lisle dans son étude Les poètes contemporains, assez rudes, où il qualifie l’auteur des Méditations poétiques d’indifférent et rajoute plus loin : « Le poète se demande à satiété ce que peuvent être le temps, le passé, Dieu et l’éternité ; mais il ne se répond jamais, par l’excellente raison qu’il s’en inquiète assez peu : ce sont des lieux communs propices à des développements indéterminés. »

 

Gamineries

 
 
J'ai un directeur de mémoire pour l'an prochain,
j'ai un directeur de mémoire pour l'an prochain
j'ai un directeur de mémoire pour l'an prochain !!! Rire
 
+
 
Mon oral de litté s'est bien passé...
 
Soir de liesse façon gamine.
Mais ça fait parfois du bien.
 
 
(pour en savoir un peu plus sur mon gourou de l'an prochain : c'est ici)
12 mars

Litanie

 
 
        Phonème, sème, phème, Il sème, archiphémème, morphème, Vème, archisémème, lexème, la même, taxème, sémantème, phémème, XIXème, virtuème, archiléxème, carême...
 
Problème ?
 
 
Non.
 Car aime.
Ouf.
 
 
11 mars

Quizz littéraire !

 
Parce que cela faisait longtemps, parce que cela vous manquait (oui, je le sais), voilà pour vous, amis lecteurs, un nouveau quizz littéraire. Je ne me suis pas moquée de vous : c'est pour une fois un extrait conséquent et non une poésie ou une simple citation. Comme à l'habitude, les moteurs de recherche sont interdits car ils ôteraient tout intérêt à la recherche... d'ailleurs, que faut-il trouver ?
 
L'AUTEUR
LE TITRE
Et, si possible,
POURQUOI CE TEXTE EST-IL IMPORTANT DANS L'HISTOIRE DE LA THEORIE LITTERAIRE ?
 
Vous ne savez pas ? Qu'importe, tentez tout de même votre chance Clin d'oeil
 
    "C'est dans le détail du style, surtout, que vous pourrez juger la manière polie dont on s'ennuie si parfaitement aujoud'hui. Je ne crois pas qu'un étranger puisse facilement arriver à comprendre à quel degré de faux étaient parvenus quelques versificateurs pour la scène, je ne veux pas dire poètes. Pour vous en donner quelques exemples entre cent mille, quand on voulait dire des espions, on disait comme Ducis :
 
Ces mortels dont l'Etat gage la vigilance.
 
    Vous sentez qu'une extrême politesse envers la corporation des espions a pu seule donner naissance à une périphrase aussi élégante, et que ceux de ces mortels qui, d'aventure, se trouvaient alors dans la salle en étaient assurément reconnaissants. Style naturel d'ailleurs ; car ne concevez-vous pas facilement qu'un roi, au lieu de faire dire tout simplement au ministre de la police : Vous enverrez cent espions à la frontière dise : Seigneur, vous enverrez cent mortels dont l'Etat gage la vigilance ? Voilà qui est noble, poli et harmonieux. [...]
 
    Croiriez-vous, par exemple, vous, Anglais ! vous qui savez quels mots se disent dans les tragédies de Shakespeare, que la muse tragique française ou Melpomène a été 98 ans avant de se décider à dire tout haut : un mouchoir, elle qui disait chien et éponge très franchement ? Voici les degrés par lesquels elle a passé avec une pruderie et un embarras assez plaisants. [...]
 
    Enfin, on rit de cette pruderie, Dieu soit loué ! le poète pourra suivre son inspiration aussi librement dans la prose, et parcourir sans obstacle l'échelle entière de ses idées sans craindre de sentir les degrés manquer sous lui. Nous ne sommes pas assez heureux pour mêler dans la même scène la prose aux vers blancs et aux vers rimés : vous avez en Angleterre ces trois octaves à parcourir, et elles ont entre elles une harmonie qui ne peut s'établir en français. Il fallait pour les traduire détendre le vers alexandrin jusqu'à la négligence la plus familière (le récitatif), puis le remonter jusqu'au lyrisme le plus haut (le chant), c'est ce que j'ai tenté. La prose, lorsqu'elle traduit les passages épiques, a un défaut bien grand, et visible surtout sur la scène, c'est de paraître tout à coup boursouflée, guindée et mélodramatique, tandis que le vers, plus élastique, se ploie à toutes les formes : lorsqu'il vole, on ne s'en étonne pas, car lorsqu'il marche, on sent qu'il a des ailes."
 
 
Un indice ? Texte écrit entre 1800 et 2000.
 

De l'écoute...

 
 
"Il est écrit que les grandes vérités ne se communiquent que par le silence. Si vous voulez aprivoiser la nature, il ne faut pas faire de bruit. Comme une terre que l'eau pénètre. Si vous ne voulez pas écouter, vous ne pourrrez pas entendre."
 
in P. Claudel, Le soulier de satin