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31 mai De la catharsis ? Ou du livre d'Isaïe ?Je marche
dans un jardin de braises fraîches
sous leur abri de feuilles
un charbon ardent sur la bouche.
in Airs, Philippe Jaccottet
30 mai Ma vie, mon oeuvre, mes partiels...L(')ego du mois :
Comme vous avez pu le constater, je fus peu présente et peu disponible sur le net ces derniers temps, derniers cours mêlés de délicats partiels obligent... Et maintenant ? Maintenant, plus de cours ! Vacances alors ? On pourrait s'y tromper mais il s'agit d'un écueil dans lequel il faut prendre garde à ne pas tomber, quatre partiels étant encore prévus dans les vingt jours à venir, histoire d'assurer en douceur la transition vers les vacances : il y aura tout d'abord le latin jeudi 5, puis la lexicologie-lexicographie le 7, puis la littérature française XIXè-XXè le 14 et enfin, pour terminer en beauté, encore du latin (mais à l'oral car il convient de varier les plaisirs) le 17. Quel admirable programme ! Et le soleil brille alors qu'il faudrait s'enfermer dans une bibliothèque... Eheuuuu !
Plus sérieusement, ce post est aussi pour moi l'occasion de remercier tous mes charmants lecteurs pour leur aide et leur délirante imagination en vue de mon devoir de lexicologie. Si je n'ai pas pu prendre tous les exemples déposés en commentaire ou envoyés par mail, tous m'ont permis d'orienter mes réflexions et de construire un devoir qui fut euuuh, qui ne fut pas trop mauvais (même si j'ai omis d'y intégrer "la répartition entre les rôles patient / agent dévolus à l'actant impliqué"
Bon, il va falloir bosser quand même... Allons chercher le Gaffiot et partons à la découverte des univers antiques qui nous entraînent vers de magnifiques horizons et.... Et ?
- Isaaaa, tu veux venir ? On va se promener dans Paris
- Trop bien, j'arrive, j'accours, je vole !
Euh, bon, on va essayer de travailler alors
29 mai La phrase du jour (29 mai 2008)" Vous et moi ne sommes ni sainte Bernadette pour avoir des visions ni Jeanne d'Arc pour entendre des voix !
Nous, nous ne pouvons pas jamais voir notre ange gardien ni même saint Jacques... et le théâtre nous offre cela !
C'est beau tout de même !"
M. V. R. lors du dernier cours de littérature
Trop cool. Merci le théâtre
26 mai Etre soi Non certam sedem, nec propriam faciem, nec munus ullum peculiare tibi dedimum, o Adam, ut quam sedem, quam faciem, quae munera tute optaveris, ea, pro voto, pro, pro tua sententia, habeas et possideas. Definita ceteris natura intra praescriptas a nobis leges coercetur. Tu, nullis angustiis coercitus, pro tuo arbitrio, in cuius manu te posui, tibi illam praefinies. Medium te mundi posui, ut circumspiceres inde commoditus quicquid est in mundo. Nec te caelestem neque terrenum, neque mortalem neque immortalem feciumus, ut tui ipsius quasi arbitrairus honorariusque plastes et fictor, in quam malueris tute formam effingas.
Oratio de hominis dignitate, Pic de La Mirandole
Je ne t'ai donné ni visage, ni place qui te soit propre, ni aucun don qui te soit particulier, ô Adam, afin que ton visage, ta place, et tes dons, tu les veuilles, les conquières et les possèdes par toi-même. Nature enferme d'autres espèces en des lois par moi établies. Mais toi, que ne limite aucune borne, par ton propre arbitre entre les mains duquel je t'ai placé tu te définis toi-même. Je t'ai placé au milieu du monde, afin que tu puisses mieux contempler ce que contient le monde. Je ne t'ai fait ni céleste ni terrestre, mortel ou immortel afin que de toi-même, librement, à la façon d'un bon peintre ou d'un sculpteur habile, tu achèves ta propre forme.
(Traduction de M. Yourcenar dans L'Oeuvre au Noir )
Ah ces fins de semaine ! Une photo :
![]() Quelques mots :
- Ce sont les chrétiens qui ont planté de la vigne au Maroc pour pouvoir célébrer la messe...
- Ouarf, l'excuuuuuse !
- Retraite ???
Mini-camp de jeunes ?
Nan, w-e de préparation de 3 semaines de mission au Maroc cet été-
22 mai Sorbonnarde + catho = la cata ? Hier matin, ce n'est pas un secret, je planchais en littérature générale, mon option de ce semestre, de 8h à 11h. L'aiguille de ma montre approchait doucement mais dangereusement de l'heure fatidique de remise des copies et j'avais déjà laissé tomber mon stylo en un
Alors que je me demandais encore comment j'avais pu écrire des délires pareils sans avoir consommé nulle autre substance illicite qu'un petit café au début de mon essai, une fôte me sauta aux yeux, tellement énorme que je faillis m'en étrangler... de rire :
"en 1857, lors du procès des Fleurs du Mal de Baudelaire pour immortalité"
20 mai Sur vos écransZABOU
dans
LE DON DU SANG
avec une infirmière ne sachant pas piquer
![]() ~Aujourd'hui sur vos écrans ! ~
Trêve de plaisanteries, le don du sang, c'est mega-ultra-important !
Alors, pour toutes les infos, c'est
Histoire de la littérature française, A. Thibaudet
Thibaudet, jusqu’il y a peu, c’était pour moi un obscur nom ayant plus ou moins trait à la littérature. La lecture de l’excellent essai d’A. Compagnon Les Antimodernes de Joseph de Maistre à Roland Barthes (que je vous recommande. Non parce qu’il s’agit d’être réac mais bien parce qu’il fourmille d’infos et questionne de façon pertinente notre pseudo post modernité. Il a d’ailleurs reçu en 2005 le prix de la critique de l’Académie Française. Juste le début de la note de l’éditeur pour vous allécher : « Qui sont les antimodernes ? Non pas les conservateurs, les académiques, les frileux, mais les modernes à contre-coeur, malgré eux, à leur corps défendant, ceux qui avancent en regardant dans le rétroviseur, comme Sartre disait de Baudelaire » Enfin à vous de voir, mais j’ai pour ma part réellement apprécié ce moment d’enthousiasme intellectuel) a quelque peu enrichi mes connaissances sur cet auteur qualifié de bon vivant au milieu de tous ces écorchés vifs.
Nous l’avons presque oublié aujourd’hui mais ce chroniqueur à succès de la NRF au début du XXe siècle a publié plusieurs ouvrages dont l’un, posthume, fit un tabac auprès des étudiants de 1936, une Histoire de la littérature française de 1789 à nos jours (titre transformé aujourd’hui seulement en « histoire de la littérature française »). Réédité il y a peu, je suis en train d’achever la lecture de cet ouvrage.
Thibaudet avait une conception bien à lui de l’histoire littéraire, très discutable, fonctionnant par « générations » successives d’auteurs, concept n’ayant rien à voir avec celui de génération habituel. Il suit ici dans le plan son idée, présentant 5 générations : celle de 1789, celle de 1820, celle de 1850, celle de 1885 et enfin celle de 1914. L’idée serait séduisante s’il parvenait à mieux y faire entrer certains auteurs plus marginaux sans se contenter de relever leur particularisme. Enfin, ce n’est pas à cela que je souhaite m’attacher ici : le livre est ancien et il convient de le lire comme tel.
L’intérêt et même le plaisir de lire Thibaudet, ce n’est pas de renouveler sa propre conception de l’histoire littéraire mais bien plutôt d’avoir une magnifique vue d’ensemble du XIXe siècle en littérature… et même en histoire de France tant les deux sont liées ! Alors, certes, on pourra lui rapprocher ses raccourcis nombreux, le fait qu’il ne consacre qu’une page à Huysmans ou encore le caractère parfois capricieux de sa rédaction, annonçant telle chose et ne poursuivant pas (ainsi de l’étude de chacun des romans de Stendhal). Mais, comme le disait Valéry : « Personne n’était mieux doué que lui pour l’art de créer des perspectives dans l’énorme forêt des Lettres ». Et puis, si le caractère érudit de l’ouvrage demeure indéniable, il est très accessible et l’on sent un désir plutôt pédagogique plutôt qu’étouffant par une masse de connaissances. Alors si vous aimez les lettres, si vous aimez le XIXe, si vous n’avez jamais réussi à vous rappeler l’ordre des auteurs principaux de ce siècle… eh bien, vous savez ce qu’il vous reste à faire ! 19 mai Rendre grâce, malgré tout
Comme un goût d’amertume.
Bizarrement, c’est la chose qui me vient en premier à l’esprit quand je songe à cette année d’aumônerie qui s’achemine doucement vers sa fin avec mes secondes. Quatrième année en tant qu’animatrice dans ce niveau… Toujours l’enthousiasme d’animer, de partager, de vivre, toujours la joie de les préparer à ce si beau sacrement qu’est la confirmation et qu’ils recevront samedi soir et, pourtant, cette année, qu’en dire ?
Une lutte constante pour avoir un climat d’écoute et de parole, bref d’échange, qui ne soit plus simple bavardage sur « qui sort avec qui », une lutte constante pour tâcher d’éveiller un intérêt, une lutte constante contre le découragement, contre l’envie de ne plus rien préparer… Une année de remise en question personnelle, tant je n’eus pas l’impression d’avoir réussi à leur partager ce qui me fait vivre, tant j’eus l’impression de rencontrer un m’en foutisme général où même le temps de prière était sujet à rigolade.
Et pourtant, qu’en dire ?
Que l’année fut belle ? Oui.
Non par optimisme béat, non par désir d’une quelconque positiv’attitude, mais parce qu’il y eut ces moments profonds passés avec celui ou celle arrivant en avance au local, parce qu’il y eut ces quelques bribes de débat où je les vis s’affirmer et grandir, parce qu’il y eut ces regards attentifs quand, quittant l’animation « formelle », je me mettais à leur raconter une parabole biblique ou une vie de saint à ma façon, et qu’on pouvait admirer les étoiles de leurs yeux d’enfants… Et enfin parce que nous ne semons qu’au hasard du vent : le reste est mystère de Dieu.
Alors, oui, ce soir, rendre grâce.
Mus(s)elable ?Musset.
Ta muse
T'amuse Mais ta muse M'use. Compris ?
15 mai La formation des mots français nouveaux Eh bien, parce que JUSTEMENT, j'ai la flemme d'écrire un billet entier (tout au moins pour l'instant, cela peut changer au cours de la soirée, sait-on jamais) mais surtout parce que cela vaut le coup, je vais vous envoyer écouter une émission audio qui me remplacera avantageusement :
![]() par l'excellentissime et unique Alexandre Grandazzi,
(plus sérieux là qu'en cours et puis, il manque à la photo la fameuse mèche dans le vent qui donne l'air affairé, le style absolument unique pour arriver en amphi -en retard- tout en commençant son cours dès la porte, les "n'est-ce pas ?" purement oratoires se retrouvent en revanche, bref qu'importe, ce détail n'intéresse que les sorbonnards aussi starbés que moi qui ont suivi ou suivent encore cette option géniale),
mon professeur en religion romaine l'an passé.
Juste une citation qui m'a fait exploser de rire seule devant mon ordi tellement elle est... lui quoi :
"par des anglais qui avaient fait de très bonne études : ils avaient fait du latin et du grec.
Puis c'étaient des gens curieux d'esprit comme on l'est toujours quand on a fait du latin et du grec, n'est-ce pas ?" et tellement d'autres qui ne peuvent que faire sourire "ou plutôt sous l'autoritaaaas"
14 mai Et la paresse ? Voilà, c'est dit, notre professeur de lexicologie a cafté hier et nous a révélé un grand secret, sans doute le plus grand de toute cette année :
Hérésie ? Non, étymologiquement, travail vient de tripalium. Ca ne vous avance guère me direz-vous. Eh bien, si. Le tripalium était un pal avec 3 pointes, torture (on ne s'en doutait pas) servant à punir les esclaves rebelles...
... et là me vinrent des envies de fainéantise.
12 mai Joyeux anniversaire... de confirmation !
Il y a tout juste un an, nous commémorions certes le centenaire de la mort de J-K Huysmans, ce qui est important pour l’étudiante huysmansienne que je suis mais surtout nous célébrions en la cathédrale de Nanterre la confirmation de mon meilleur ami, qui m’avait demandé pour l’occasion d’être sa marraine ! Et ça, ce n’est pas important, c’est carrément essentiel !
De fait, il y aurait bien des choses à dire sur cette cérémonie, sur ce qui a suivi, sur tout ce qui s’est vécu depuis un an… mais un blog, public par définition, n’est pas le lieu pour dire tout cela. Espace de paroles, il n’est point lieu de déballage.
En conséquence, mon vieux, prépare-toi à subir une légère missive de vers prosaïques lors de la réception d’un cadeau vert qui te laissera vert : j’ai bonne espérance qu’il ne s’agira pas de rage puisque tu sais combien il est de mon rôle de t’asticoter.
Pourtant, au retour de nos mises au vert respectives, c’est rouges comme le feu, symbole que tu apprécies, que nous pûmes vivre ensemble ce matin la messe paroissiale, messe, comme une spéciale dédicace ou plutôt comme un clin-dieu, votive du Saint Esprit. Joie de partager ce moment, joie particulière de proclamer la Parole avec toi, à deux voix.
Alors, à toi, mon frère, joyeux anniversaire et continuons notre route, toi et moi, avec l’Esprit Saint !
Discussions ordinaires de LM ordinairesUn soir, tard, sur msn.
Deux étudiantes en lettres modernes peinent sur leurs derniers travaux, n'en peuvent plus, se bidonnent de leur jargonnant jargon et se mettent alors à échanger sur leurs perspectives d'avenir.
Intrusion dans leur univers (impitoyaaable).
Zabou (finissant la relecture d'un doc envoyé par un prof) :
J'espère bien !
Mais, qu'est-ce que le Klapp quand même ?
Maggy :
Je sais pas...
A mon avis, c'est rien.
Mais il s'est dit que tu cogiterais dessus et ça l'a fait marrer.
Les profs sont fourbes.
Un jour, nous aussi on fera ça
Zabou :
Ouaiiiis !
C'est la seule motivation qu'on doit avoir en plus, n'est-ce pas ?
Maggy :
Clair !
"Référez-vous au SCRUB x24 avant de me présenter votre torchon mon brave !"
Vous qui avez des enfants, tremblez...
Et, plus tard, Maggy vint me réagresser pour me dire :
"Bonne nouvelle ! Tonos du logos individuel peut être en accord avec tonos de l'âme du monde ! Tout n'est pas perdu, snif !"
Depuis, nous n'avons plus de nouvelles.
11 mai Flap flap flap Au loin, le doux bruit du vol d'une colombe. Et puis, plus trop loin. Proche, très proche, tout proche même. Si proche que cela commence à brûler, intensément. Tandis que de pauvres petites voix humaines, si faibles et pourtant si touchantes lancent cette mélodie vers le ciel :
Veni Sancte Spiritus
Viens, Esprit-Saint, en nos coeurs,
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous !
De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. »
Bonne et sainte fête de la Pentecôte à tous !
9 mai Mise au vert Je le trouvais bien pâlot ces derniers temps mon Félix.
Ce compagnon -n'ayons pas peur de l'avouer- de mes nuits torrides et endiablées où il dut tant me supporter, moi, dans ma totalité, avec mes rages, mes jurons étouffés... ou pas, mes hourras de réussite à des heures très matutinales ou encore mes coups de stylo machouillé répétés à haute fréquence sur son épiderme choyé.
Hommage. Il convenait de l'aider. C'est pourquoi je prescrivis une mise au vert dans l'(h)eure immédiate de 48 heures. Et Félix, à la joie générale, se trouva mieux tout de suite. Voyez : il conta fleurette aux pâquerettes !
Tandis que sa proprio, égayée de le voir batifoler au loin sirotait, tranquille pour une fois, un bon p'tit verre.
Aaaaah !
6 mai Black-out !![]() Webcam de chez Zabou depuis hier soir.
Beautiful, isn't it ? Merci d'avance à la fée de revenir au plus vite !
4 mai Dose dominicale de Zundel
« Le rejet de la morale traditionnelle comporte vraisemblablement, entre autres, le refus nietzschéen d’une règle qui semble violer l’esprit, en paraissant, aux yeux de beaucoup, imposée arbitrairement du dehors, au nom d’un Dieu lui-même extérieur à la vie.… la morale évangélique répond à une exigence de libération… elle engage dans une relation personnelle avec un Dieu plus intime à nous-mêmes que le plus intime de nous-mêmes, qui est d’ailleurs infinie liberté. »M. Zundel
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