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30 mai Retraite de conf' 2009![]() Parce que je n'en ai pas le temps du tout,
J'emmène 15 schtroumpfs en retraite de confirmation ce week-end.
Pour découvrir l'Inconnu d'la Trinité,
Pour prier, pour rire, pour chanter,
Pour découvrir que la prière de l'Eglise, même la méga-belle complexe des moines, rejoint la nôtre,
Pour vivre ensemble trois jours, en chrétiens, tout simplement.
Et ce, avec une grande joie !
Belle fête de Pentecôte à chacun,
Et à lundi soir !
29 mai Je régresseJe viens de découper des colombes dans du papier.
Je retourne en maternelle dès que j'enfile ma casquette d'animatrice...
Pire, ça m'éclate.
(Ah ah ah, une veillée-jeu You've got the spirit une veille de Pentecôte, ça l'fait non ? )
Ah... vous avez dit mémoire à finir ?
Ah... oui.
28 mai En guise d'hommage : "Et par Zeus, vive le grec !"![]()
Hier donc, partiels de grec, à conjuguer au pluriel. Derniers examens d’un cursus étrange, le « D.U. », qui certifiera, si je l’obtiens, une certaine connaissance néo-hellénique et ne me servira… à rien (Ah si, il paraît que l’on peut devenir traductrice à Chypre avec ce ‘plome). Une ligne de plus sur mon C.V., pour trois ans d’études : cool.
- Tu fais du grec moderne, pourquoi ?
Je n’ai jamais su répondre à cette question, ne sachant vraiment pourquoi non plus. Je m’y suis lancée un peu au hasard (i.e. En L2, je ne pouvais pas prendre le cours de littérature allemande que je souhaitais suivre et les cours d’italien débutants étaient pris : c’était mon 3ème choix avant l’espagnol, faut pas chercher à comprendre), et puis, un peu (beaucoup ? complètement ?) folle, j’ai continué. Et certainement pas parce que j’étais douée : je ne considère pas savoir parler grec, et ce sans me draper dans une pseudo-humilité détestable. Autant je parviens à comprendre un texte, quelques phrases prononcées, autant mon esprit achoppe toujours sur le passage à l’oral. Un jour, en Grèce, peut-être…
Il importe peu. Au-delà d’une langue complexe, proche de son ancêtre sans lui ressembler tout à fait (vous avez VRAIMENT dit que les déclinaisons étaient plus simples ???), à la prononciation délicate (oubliez votre prononciation « érasmienne » du grec ancien !), j’ai découvert quelques fragments d’une civilisation à la fois si proche et si différente de la nôtre, dont la source est la même avec une évolution tellement différente, tellement plus orientale, tellement plus complexe, aussi. Découverte toujours synonyme de richesse, d'ouverture de la pensée à des voies dont l'on ne soupçonnait pas l'existence.
En guise d’épilogue, une visite conférence à la formidable exposition sur le Mont Athos (actuellement au Petit Palais, en parallèle de celle sur William Blake que j’irai voir prochainement avec 42, euh, 2 amies plutoniennes). Si elle nous amusa par les « askètes » (la prof était persuadée de correctement prononcer « ascète » ainsi : l’histoire ne précise pas s’il s’agit d’anachorètes hypocondriaques. Incitatus en dit aussi quelques mots), on y admira des œuvres d’art fantastiques, proches des trésors de nos cathédrales par leur richesse sans toutefois être pareils. Mus par un même désir de rendre gloire à la Majesté Divine, l’art des icônes est fascinant, troublant et l’on sent bien qu’elles furent écrites par des priants. D’ailleurs, la prof nous a expliqué qu’avant qu’un cénobite prenne le pinceau, il devait rester longtemps à côté d’un Maître simplement à regarder. Pour apprendre à orienter son regard intérieur dans la même direction ? Je m’interroge sur la place de ce « maître spirituel », me demandant si, par l’Art, ici, on n’entre pas dans le même genre de relation qu’avec un starets, cette relation si bien décrite dans Les Frères Karamazov. Mais je digresse.
J’ai été émue par l’icône du baiser de Pierre et de Paul. Dans les monastères du Mont Athos, serait-on donc aussi préoccupés par ce fameux Ut unum sint que nous entendons dans l’Evangile tous les jours en ce moment ? Voit-on cette querelle avec des yeux fraternels ? En tout cas, cette exposition est belle et à voir, même si notre prof en mode « conférencière » était parfois un peu difficile à suivre.
Hier, un texte à traduire, une question de rédaction en grec (« La langue grecque : hier, aujourd’hui et demain. Donnez votre point de vue » j’ai même parlé d’Aristote !) et une question de littérature grecque en français (« Vous devez montrer votre connaissance de l’œuvre littéraire de Papadiamandis en rapprochant deux thèmes majeurs de La Tueuse » : j’ai cité la Bible !).
Ce que ça a donné ? Je n’en sais rien. Mais il y avait une ambiance émouvante, hier… Car, il faut bien le dire, si certains cours furent ennuyeux, il y avait une ambiance très souvent irréaliste dans ces cours. Entre notre prof si adorable mais aux expressions parfois… pour le moins approximatives, entre les jeux de regard autour de la table ronde, entre les fous rires ridicules ! A vous camarades de labeur, merci ! A vous, Mme C.S., merci de votre gentillesse et de votre sapience ! J’y aurai vraiment passé du bon temps, même quand je traînais les pieds pour y aller. (Et maintenant je sais même que salir une nappe est cause d’annulation de mariage !
Donc, hommage. Allez, je retourne à mon mémoire.
Quand on voit c'qu'on voit![]() Sur les murs de la Sorbonne, mai 2009.
26 mai Observations de la bête en veille de partiel de grecSuite de nos observations du premier semestre : observons la Zabou ce soir.
* Le pot de nutella est soudainement devenu prisonnier de sa chambre pour une durée indéterminée.
* Elle écoute en boucle une musique que sa mère qualifie de glauque à chaque fois qu'elle passe devant la porte de sa chambre (i.e. "Mais non maman, ce n'est QUE la 5ème fois que j'écoute le Dies Irae du Requiem de Mozart / le Miserere d'Allegri ce soir ! Arrête de délirer ! Puis c'est beauuuuuuuuu !" )
* Elle a coupé son portable et émet des grognements indéfinis. <note de dernière minute, transcription proposée par notre observateur : "Mgrmpf, pourquoi grmpf grec moderne grmph mémoire, je t'aime grmph, débile Zabou, grmph, pourquoi dé-uh, grmpffff">
* La thermos de tisane est de sortie elle aussi et devenue aussi prisonnière de sa chambre : ça en fait du monde avec Jika et les autres copains !
Vous en tirez quelle conclusion, vous ? Cette bestiole-là m'inquiète beaucoup.
Invitation... ?Baudelaire, sur Barbey :
"D'Aurevilly vous invite à communier avec lui comme un autre à dîner.
- Nous communierons ensemble, et ensemble nous nous agenouillerons, humblement, le poing sur la hanche."
25 mai Salutation amicale d'une noctambule
Il est 1h30 et je patauge dans les profondeurs de mon « grand III ». Pour tout arranger, je cuis : la vague de chaleur est arrivée d’un coup et, comme souvent dans la région parisienne, c’est insupportable. On étouffe soudain, fenêtres ouvertes.
Je lampe un verre de jus de fruits frais, debout, jetant un œil par les fentes de mes volets. Alors que tout semblait reposer dans le silence, j’aperçois à la lueur des réverbères deux amoureux qui se bécotent au coin de l’avenue. Je ne peux m’empêcher de sourire en les regardant, les trouvant charmants.
Puis mon esprit repense à ces derniers jours et à l’article paru sur les « blogues cathos » dans Famille chrétienne où mon blogue figurait parmi d’autres et notamment avec quelques membres de la B-loge, David et Edmond Prochain
Surprise, j’ai été bigrement intimidée par ce petit encart sur « Zabou-the-terrible » dans cet article tant mon blogue n’a jamais eu une quelconque prétention, la moindre prétention à… à rien d’ailleurs.
Puis aujourd’hui, enfin hier, c’était la journée chrétienne des communications. Avec un thème bien à rallonge : « Nouvelles technologies, nouvelles relations. Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d’amitié. » Je me suis dit que c’était un peu trop complexe pour mon simple p’tit blogue, puis pour moi aussi, ça fait un peu peur.
Alors, j'ai décidé de faire simple et clair :
Soyez les bienvenus, lecteurs qui passez ce seuil, dans ce que le magazine appelle ma « cabane » !
Les gouttières sont mal rafistolées, il y a quelques trous dans la toiture, du coup on se prend parfois quelques gouttes d’eau, jamais méchantes mais toujours vivifiantes !
Si la simplicité d’un blogue d’« une étudiante menant son petit bonhomme de chemin, aimant Huysmans, le judo et le grand vent » ne vous fait pas peur, venez !
La porte est toujours ouverte et, surprise, je ne mords (même) pas (encore) !
(Ah oui, juste, sur la photo illustrant ce billet, c'est bien moi, j'suis simplement en train d'enfoncer une porte ouverte pour vous faire plus de place)
24 mai Comme de longs échos...
Comme de longs échos qui de loin se confondent On pourrait commenter (ah le commentaire composé… !), on peut commenter tout ce beau poème des « Correspondances », raconter, expliquer les synesthésies baudelairiennes, tout ce qui se mêle au niveau des sens, des ressentis... Oui, on pourrait.
Et puis, il peut revenir ainsi, juste comme ça, en tête…
Comme de longs échos qui de loin se confondent Dans une ténébreuse et profonde unité, Vaste comme la nuit, profonde comme la clarté, Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Vous ne trouvez pas qu’il fleure bon la vie, ce poème, aussi ?
Parfois, les échos font plus que se confondre, ils se répondent, l’un, l’autre, en de troublants parallèles. Toutes ces petites choses – ces « petits riens » ? – qui, un jour, après un temps, font sens « dans une ténébreuse et profonde unité ».
Qui devient, au gré de nos pas, chaque jour plus lumineuse.
22 mai Bloguez, cathos !Bon, c'est pas parce qu'on se connaît hein, faudrait pas croire à du favoritisme, mais je cite notre Vénérable David (en rouge, bien sûr !), qui livre ce jour quelques belles paroles à la presse. Et un bel idéal pour ses frères et soeurs blogueurs !
![]() Quoi qu'il arrive, que cela soit sur les plate-formes vidéo, blogs, sites web, il ne sera pas facile à une Eglise habituée à donner une parole de vérité de se situer dans ce contexte pluraliste d'Internet où quasiment aucune parole n'a d'autorité.
Les blogueurs catho s'approprient le message évangélique et le redonnent, incarné dans leur histoire, avec un ton très personnalisé.
Mais leurs voix résonnent au milieu du chaos, sans pouvoir revendiquer d'autre autorité que celle de la vérité inscrite dans leur vie [...]. Ce qui fera la différence, c'est l'enracinement de l'écrivaillon dans une relation à celui qui est la Vérité, et dans la tradition qui l'a porté !"
in Famille chrétienne n°1636, p.33.
21 mai Mon Seigneur et mon Dieu ?(ps. du jour, 46)
Sourire de Zabou, fou rire dans le choeur...
Il y a vraiment des choses qui m'échappent.
20 mai Ecclésia mou, sou, tou, mas...![]() Certains jours, l’écriture est difficile, tiraillés que nous sommes entre ce que nous voyons, vivons et l’impuissance de nos pauvres mots. Parfois ce tiraillement est interne, parfois on se le prend en pleine face, quand le ressort est trop tendu et qu’il lâche d’un coup. Il faut alors prendre le temps d’accueillir ces événements au creux de soi.
Beaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ? » -Sur nous, Seigneur, que… Hum, ce n’était pas ça en fait que je voulais dire. Beaucoup s’interrogent, questionnent : « Ouais, ben moi, je croirai au Christ quand les chrétiens montreront l’exemple ! » ou, apostrophent les cathos d’un « Tu te prétends catho ? Vous n’êtes pas meilleurs que les autres ! »
Non, nous ne sommes pas meilleurs que les autres, c’est évident. Nous ne cherchons qu’à devenir pleinement humains et cela, ça prend bien une vie, je crois ! Mais ces remarques sont salutaires, elles nous entraînent à bouger, toujours plus, toujours mieux et à ne pas regarder notre petit nombril bien formé de pharisiens béats.
Alors oui, nos communautés paroissiales ne sont pas des modèles et même, horreur, mutent parfois en de terribles contre-modèles que l’on a honte à avouer, où la lutte acharnée pour le maximum de pouvoir ne le dispute qu’à l’ambition d’être en vue. Tristesses, coups de gueules, incompréhension, engueulades forcenées aux naïfs qui font leur job, ne demandent rien d’autre et à qui l’on veut absolument faire prendre partie dans une stérile guerre des clans. Il y a des jours, certes minoritaires mais réels, où l’on a envie de tout laisser tomber, de laisser braire et d’avancer seuls, chacun de son côté.
Mais une Eglise sans ecclésia, non, je ne peux pas, non, je ne veux pas. Et, même dans les instants où la tension est palpable, il est beau de voir, sans nul idéalisme, qu’il est bon d’avoir ces frères et sœurs qui nous sont donnés : ce regard, c’est l’étincelle susceptible de rallumer entre eux, plus grandes gueules qu’autre chose, le Feu puissant. En clair : l’amour.
Ces derniers temps dans ma paroisse, cela sentait l’orage général. Présente de loin pour préserver ma tranquillité en ces temps délicats, je sentais l’électricité dans l’air à chacun de mes passages, me demandant d’où la foudre venait et où elle allait encore tomber et blesser des chrétiens de bonne volonté sans raison. Et je fustigeais mon regard trop critique.
Samedi, jour de fête. Un aumônier fatigué par un trop lourd traitement. Prêtre âgé, qui, chaque jour, vient les traits un plus tirés, qui tire sur la corde, on le sait, on le voit, on lui dit mais il en veut. Mais, quand je vois cet homme qui est aussi un ami j’ai à chaque fois un peu plus mal. Et, lui, ces 6 enfants-là du caté, il tenait à les baptiser, malgré tout.
Quelques dizaines d’yeux pour le couver du regard. Disponibles pour le servir, lui approcher une chaise, lui tendre un micro : un ballet d’aubes blanches, ce soir-là curieusement concentrées en un mélange de joie et de détresse. Leur aumônier, notre aumônier… mais ils n’étaient pas seuls à le veiller. Chaque baptême était joie, et douleur pour celui qui s’affaissait de plus en plus au dessus de la cuve baptismale : l’assemblée était unie dans une atmosphère orante. Ecroulement. Malaise. Pas de précipitation, pas de folie autour de lui, rien pour changer l’atmosphère : juste la certitude d’une Présence.
Doucement, l’assoir ; doucement, un verre d’eau ; doucement lui proposer un meilleur siège pour concélébrer le plus au repos possible ; doucement finir de vivre, ensemble -enfants du catéchisme, jeunes de l’aumônerie, orchestre des jeunes, servants d’autel, paroissiens habituels ou inhabituels, prêtres concélébrants- cette messe où le mot Communion s’est rarement fait aussi fort entre nous et en nous.
Quand l’ecclésiastique fit ecclésia.
A la fin de la messe, il prit le micro pour quelques paroles, qui n'étaient pas de lui, mais de l'Autre : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra pour mes disciples »
Samedi fut tragique et fut Beau tout à la fois. Et je ne sais en parler, de ce moment qui m’a tant touchée. Et je ne sais qu’en dire. Je ne peux qu’essayer de prier, pour lui, et pour un mot dont le désir n’aura jamais été si fort en moi, simple petite laïque de base : Unité.
17 mai Lettreuse sum, ergo sum ?Un ami (hum ?) m'a envoyé cela et je ne comprends absolument pas pourquoi.
(source : PHDcomics) Non mais, franchement... (Merci Tom !)
16 mai Réflexions d'une "échevelée"
Nietzsche : ce n’est pas sans dessein intérieur que j’ai posté cette dernière citation. C’est qu’elle a fait « pouic-pouic » (copyright certains membres de la B-loge !) en moi quand nous en avons discuté en cours hier. Ce n’est pas que je me sente vraiment à rebours de la société, quelconque « intello maudite », loin de là, c’est qu’il est difficile, parfois, souvent, de se faire entendre quand on est une petite masterante obscure rédigeant son mémoire. D’expliquer ce qui est important pour moi dans une matière aussi inutile-inactuelle-futile-passionnante <rayez les mentions inutiles> que la littérature française.
Parce que j’en ai plus qu’assez que tout soit vu au prisme du profit immédiat, qu’il soit celui du diplôme à obtenir, ou celui plus subtil encore –et peut-être de ce fait plus perfide- du mémoire en lui-même. « Tu en es à autant de pages ? Sur 60 ? Oh, bientôt fini alors ! ». Au-delà de la simple précision que c’est « environ 60 » mais non 60, je ne puis plus supporter sans rien dire ces remarques, alors, voilà, je l’affirme : le nombre de pages, je m’en fous. Oui, je m’en fous. Et ne prenez pas ces airs de vierge effarouchée quand je vous le dis !
Oui, je serais heureuse (et un peu fière, oui, je l’admets aussi, même si ce n’est qu’un petit travail de rien du tout par rapport à ceux de nos maîtres) si ce mémoire me rapporte une note convenable et une moyenne en conséquence, je serais hypocrite de le nier, mais ce n’est absolument pas ce qui m’importe le plus. Du moment que je satisfais aux simples conditions pour continuer ma route à l’échelon supérieur, cela me suffit. Ce qui m’importe vraiment, c’est de faire un vrai mémoire, un petit travail de recherche à ma mesure, mon tout premier, et non une pseudo moitié de mémoire inintéressante et abêtissante, arrêtée dans son développement et sa réflexion parce que j’aurais enfin accompli le minimum syndical.
Un mémoire, en tout cas pour ma part, on y met de soi. D’ailleurs, en général, tout naît d’une question que l’on se pose face à un texte aimé. Comment supporter alors d’interrompre une réflexion parce que, hop fini, on balance tout ? Comment supporter de rendre quelque chose qui serait médiocre à nos yeux même ? Sans aucun sens du fini, de la réflexion, de relecture et de re-travail ? C’est une question d’honnêteté intellectuelle, avec soi-même d’abord, avant même de penser à celui qui subira la lecture de nos éventuels ubuesques délires. Il ne s’agit alors pas d’aller vite, de laisser courir les lettres à tout va le long des pages pour les remplir. Il s’agit d’aimer, passionnément.
Il s’agit d’arriver à la « philologie » que je considère dans son acception étymologique si noble et de la contempler d’une aussi belle façon que Nietzsche. De prendre le temps, simplement et consciencieusement, d’apprendre à lire et à « bien lire » dans ces terrains si mouvants de la connaissance : « lentement, avec profondeur, égards et précautions ». Pour, un jour, « bien » écrire ?
15 mai Inactuelles considérations, vraiment ?"Car la philologie est cet art vénérable qui, de ses admirateurs, exige avant tout une chose : se tenir à l'écart, prendre du temps, devenir silencieux, devenir lent, -un art d'orfèvrerie, et un savoir d'orfèvre appliqué au mot, un art qui demande un travail subtil et précautionneux, et qui ne réalise rien s'il ne s'applique avec lenteur, lento.
Mais c'est justement à cause de cela qu'il est aujourd'hui plus nécessaire que jamais, justement par là qu'il nous charme et nous séduit le plus, au milieu d'un âge du "travail" : je veux dire de la précipitation, de la hâte indécente qui s'échauffe et qui veut vite "en finir" de toute chose, même d'un livre, fût-il ancien ou nouveau. -Cet art lui-même n'en finit pas facilement avec quoi que ce soit, il enseigne à bien lire, c'est-à-dire lentement, avec profondeur, égards et précautions, avec des arrières-pensées, des portes ouvertes, avec des doigts et des yeux délicats... "
F. Nietzsche, avant-propos d'Aurore. Pensées sur les préjugés moraux (1881)
14 mai Des claques, il mérite des claquesPlus je relis A vau-l'eau, plus je me dis que je pourrais jamais supporter un type aussi morne que Folantin sans rien faire : sincèrement, j'ai parfois envie de lui coller des baffes, des vraies, de fraternelles baffes, des claques salvatrices pour réveiller un tempérament aussi... aussi nul. Un nul, un rien, être rien du tout, ne rien désirer tout en désirant tout à la fois pour se plaindre sans cesse, c'est là tout son problème.
Il m'énerve, il m'énerve, mais il m'énerve parfois à un de ces points, si vous saviez !
« Il devinait d’ailleurs que leur possession ne comblerait pas ce trou d’ennui qui se creusait lentement, dans tout son être. — Hélas ! le goût des livres ne s’apprenait pas, et puis, en dehors des éditions épuisées que ses faibles ressources lui interdisaient d’acheter, M. Folantin n’avait guère de volumes à se procurer. Il n’aimait ni les romans de cape et d’épée, ni les romans d’aventure ; d’un autre côté, il abominait le bouillon de veau des Cherbuliez et des Feuillet ; il ne s’attachait qu’aux choses de la vie réelle ; aussi sa bibliothèque était restreinte, cinquante volumes en tout, qu’il savait par coeur. Et ce n'était pas l'un de ses moindres chagrins que cette disette de livres à lire ! »
J.-K. Huysmans, A vau-l'eau (chapitre II)
13 mai Apocalypse now !![]() Ce n'était pas sans anxiété que je voyais s'approcher le dernier cours de grec moderne de l'année (j'entends déjà les mauvais coucheurs : "en mai ?" Oui, oui, mais super visite-conférence avec notre prof en vue et examens ensuite : ce ne sont donc pas des vacances !). D'ailleurs, mon dernier cours de grec moderne tout court dans la filière parallèle que je suis depuis trois ans en sus de ma filière principale.
Je me doutais donc bien que ce cours allait avoir une saveur tout particulière et qu'il fallait ouvrir grand mes oreilles pour le savourer : aujourd'hui serait peut-être le jour des révélations. Qui sait, j'allais peut-être enfin réussir à parler grec pour de vrai ?
Je pris mon stylo plume, contemplai le buste du Vénéré Psycharis me rappelant que j'étais dans un haut lieu néo-hellénique, et commençai à écouter avec attention.
Cela commençait bien :
"Mes enfants, aujourd'hui, nous allons tuer des enfants à Skiathos."
Hum... oui. Certes ?
Mais surtout, j'appris un secret qu'il ne faudra pas révéler, chers lecteurs : je compte vraiment sur vous pour ce coup-là.
"Mais, pour Papadiamantis <ndZabou : un auteur grec de la fin du XIXème que j'ai découvert grâce à ce cours et que je vous recommande>, les femmes sont des êtres créatifs, des êtres VRAIMENT intelligents, capables de trouver des solutions."
Je ne sais s'il est réellement besoin de commenter pareille assertion.
Photo prise en cours (à la pause, tss !) avec mon portable : qualité catastrophique et ambiance glauque à souhait mais l'on peut deviner au fond le buste de Jean Psycharis, fondateur de l'Institut Néo-hellénique de la Sorbonne.
Animaversaire![]() Un bel animamicusversaire
Où les mots se font bien petit.
Ensemble, quelques pas en hauteur
Et, surtout, un immense Merci.
12 mai Mon pote Aristote![]() Je viens de m’apercevoir en préparant un cours particulier sur Andromaque combien je citais Aristote tout le temps cette année. Rares sont les cours ou les tutorats où je m’en abstiens : pour mes tutorés comme pour mes deux élèves, je vais devenir miss Aristote, c’est certain si ce n'est déjà le cas (à moins que ce ne soit miss Huysmans, pour d'autres mais évidentes raisons !).
Et que dire de mon introduction de mémoire et de la « sentence thomiste d’inspiration aristotélicienne » qui en guide pour une bonne part le cheminement ? Que dire des deux références à De l’âme qui émaillent déjà ma rédaction ?
Pourtant, je ne suis pas du tout spécialiste d’Aristote.
Effrayant, non ? Pourquoi donc une telle obsession ?
Je me fais, encore une fois, très peur.
11 mai Comme un Clin-Dieu du matin![]() Dieu qui peux mettre au coeur de tes fidèles un unique désir,
Donne à ton peuple d'aimer ce que tu commandes et d'attendre ce que tu promets ;
Pour qu'au milieu des changements de ce monde,
Nos coeurs s'établissent fermement là où se trouvent les vraies joies.
(Oraison de la messe du jour)
9 mai Verba : Veni Sancte Spiritus !![]() Quelques mots à la plume jetés sur le papier Rien de bien ambitieux, juste quelques mots priés Quelques mots d’engagement, quelques mots face au Verbe Pour celui qui, dans quelques heures, deviendra mon filleul
Ecrire bien différemment de ce que je peux faire en ce moment : stylo plume et liberté débridée de celui-ci, pour courir plus loin, ensemble ! L’un à côté du Rhône, l’autre à côté de la Seine, mais qu’importe ?
A dimanche, tous ! ![]() |
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