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30 juillet

Je suis de retour du Maroc !

 
Quelques enfants de Midelt
 
De retour.
La tête et le coeur pleins.
 
Maintenant,
un peu de temps pour me poser
et, promis, je vous fais partager quelques instantanés
d'une expérience trop riche pour être dite.
 
 
16 juillet

Ici...

 
Ici...
Tout est neuf et tout est sauvage...
Libre continent sans grillage...
 
Pas le temps de vous en dire plus, ni de mettre une photo au vu de la rusticité des ordinateurs mais tout se passe très bien !
 
10 juillet

Bien arrivee !!!

 
Salam aleikhoum !
 
(suite un autre jour, si je peux mais sachez que tout va !)
7 juillet

Bernanos, l'enfance et la poésie

 
    En guise d'au revoir, je vous livre un texte retrouvé il y a quelques semaines tandis que je fouillais un grenier familial poussiéreux. Il apparaissait sur une antique coupure de journal, reproduisant quelques mots de Bernanos écrits sur l'album d'une jeune demoiselle. Leçon d'un aîné, cri d'un coeur brûlant.   
 
Mademoiselle,
 
        Il y a cinq minutes, je me demandais ce que j'allais écrire sur votre album parce que je suis naturellement paresseux. Et puis, j'ai pensé tout à coup que cette idée d'avoir un album était, au fond, bien touchante, bien émouvante -que c'était une idée d'enfant. Et comme toutes les idées d'enfant, elle est généralement bafouée, parce que le monde ne comprend rien à l'enfance. Je ne dis pas que le monde hait l'enfance, mais elle l'embête, et le monde, qui tolère tout, ne supporte pas qu'on l'embête.
 
        Bref, les jeunes filles tendent leur album aux "grandes personnes" comme les pauvres tendent la main. Et ils sont généralement déçus l'un etutre, car il n'y a jamais eu de réellement déçus dans l'univers que les privilégiés des béatitudes, c'est-à-dire les pauvres et les enfants.
 
        La plupart de ces grandes personnes auxquelles vous avez tendu la main -cardinaux, théologiens, historiens, essayistes, romanciers- vous ont donné tout juste une signature. La signature est ici l'équivalent du petit sou qu'on donne aux pauvres. Entre parenthèses, si le régime totalitaire triomphe, ils n'auront même plus besoin d'écrire leur nom, ils inscriront seulement leur numéro matricule comme les militaires ou les forçats.
 
        Mais vous n'avez pas tendu la main qu'aux grandes personnes, vous l'avez aussi tendue aux poètes. Et je crois que les poètes -ô miracle !- vous ont donné sans compter, parce que les poètes sont par nature libéraux et magnifiques. N'oubliez pas désormais que ce monde hideux ne se soutient encore que par la doce complicité -toujours combattue, toujours renaissante- des poètes et des enfants.
 
        Soyez fidèle aux poètes, restez fidèle à l'enfance ! Ne devenez jamais une grande personne ! Il y a un complot des grandes personnes contre l'enfance, et il suffit de lire l'Evangile pour s'en rendre compte. Le Bon Dieu a dit aux cardinaux, théologiens, essayistes, romanciers, à tous enfin : "Devenez semblables aux enfants." Et les cardinaux, théologiens, historiens, essayistes, romanciers, répètent de siècle en siècle à l'enfance trahie : "Devenez semblable à nous."
 
       Lorsque vous relirez ces lignes, dans bien des années, donnez un souvenir au vieil écrivain qui croit de plus en plus à l'impuissance des Puissants, à l'ignorance des Docteurs, à la niaiserie des Machiavels, à l'incurable frivolité des gens sérieux. Tout ce qu'il y a de beau dans l'histoire du monde s'est fait à l'insu de nous par le mystérieux accord de l'humble et ardente patience de l'homme avec la douce Pitié de Dieu.
 
       Bon courage et bonne chance ! Il nous faut tous surmonter la vie. Mais la seule manière de supporter la vie, c'est de l'aimer. Tous les péchés capitaux damnent moins d'hommes que l'Avarice et l'Ennui.
 
G. BERNANOS
 

A la veille du départ

 
Le désert marocain
 

Je pars demain, pour trois semaines.  

 

Trois semaines ailleurs, loin. Trois semaines que j’ai choisies, en profondeur, de vivre.

 

Trois semaines immergée en plein cœur d’une autre culture. Trois semaines à mettre mes pauvres capacités au service des autres, tout en gardant à l’esprit que je ne reste qu’un « serviteur inutile ».

 

Trois semaines à découvrir l’Autre, dans la plénitude de ce qu’il est.  

 

Je pars.

Non pour le simple plaisir de quitter la France. Non par fuite du quotidien. Non par un malin plaisir de contrarier les familiaux desseins. Mais bien plutôt pour découvrir, pour servir, pour aimer, pour grandir... Mots galvaudés du quotidien mais ô combien fondateurs.

 

Je pars avec des idées, des certitudes… faites pour être dérangées, bousculées, contrariées. Je pars, simplement et uniquement avec ce que je suis.

 

Je pars. Avec, dans mon cœur, vous tous, -bien sûr !- et l’intime conviction, vitale, de la véracité de cette phrase, reçue il y a peu : « Bon service. Sois heureuse, le Seigneur est avec toi. »  

 

 

Quelques proverbes berbères

 
Drapeau berbère
 
- Celui qui désire le miel doit supporter la piqûre des abeilles.
- L'arbre s'est plaint de la douleur à la hache, laquelle lui répond que le manche vient de lui.
- La langue n'a pas d'os, tu la déformes comme tu veux.
- L'homme bien né dit toujours du bien du lieu où il a pasé la nuit.
- L'homme puissant est souvent sans coeur, l'homme bon est souvent sans puissance.
 
- Le feu enlève toute impureté.
- Les dents ont beau rire, le coeur sait la blessure qu'il porte.
- Les soucis enlaidissent, c'est la joie qui fait fleurir.
- Les voiles des coeurs sont déchirés quand les coeurs se regardent en face.
 
- Qui voyage ajoute à sa vie.
- Si Dieu ne pardonnait pas, le Ciel serait vide.
- Un ami est meilleur que le lait.
 

Et demain...

 
 
Toutes nos vies sont des voyages,
Sur les routes où tu nous envoies,
Tellement de noms et de visages,
Tant de rencontres à chaque pas.

 
Toutes nos vies ont des jours sombres,
Toutes nos vies ont des soleils,
Entre la lumière et les ombres,
Entre la poussière et le ciel.

 
Toutes nos vies portent des rêves,
De grands projets de grands désirs,
Tant de bourgeons chargés de sève,
Malgré la peur de l’avenir.
 
(Jean-Jacques Juven, "Nous voici sur la montagne")
 
6 juillet

Proclamez une année de bienfaits !

 

            Le changement d’un portable devenu muet pour un portable plus loquace fut l’occasion d’une relecture un peu particulière de l’année écoulée, par le biais de courts messages retrouvés et retranscrits avant leur anéantissement complet. Exhumation non d’une correspondance mais de quelques perles, parmi tant d’autres trésors amicaux.

 

De mi-2007 à mi-2008, il y eut…

 

¤ De la poésie :

6 juin 2007, Arnaud : « Les mures murent te murmurent des rêves pleins d’armures et de murs remplis de murex, mais de la famille des murides et sans murmel… Amuse-toi bien ;) »

 

¤ Des bonnes nouvelles :

18 avril 2008, Claire : « Ca y est, mon frère et ma belle-sœur sont parents d’une petite Angélique de 51cm et 3.74kg en bonne santé. Je vais la voir demain J. Bon we ! »

4 juin 2008, Anthony : « Mission accomplie : j’ai apparemment réussi mon semestre 2. Bises ! »

ou… des moins bonnes ?

10 avril 2008, Arnaud : « Aurélie m’apprend que nous sommes aujourd’hui un jour funèbre : c aujourd’hui les 100 ans des converse. Dieu nous garde, je pense aller brûler un magasin pour marquer ça. »

 

¤ Des souhaits :

11 septembre 2007, Arnaud : « […] Joyeux anniversaire, fais que cette année soit énorme ! Le pouvoir des vaches est avec toi !! »

1er janvier 2008, Bilou : « Bonne année ! Plein de bonnes choses (pognon, amour…) bisoux »

… même pieux… 

11 mai 2008, Mickaël : « Chère Isabelle, bonne et sainte fête de la Pentecôte ! « Que l’Esprit-Saint se répandant en nos cœur les purifie, Seigneur, et que l’action pénétrante de sa rosée leur donne la fécondité. » (liturgie du jour). Donne-moi de tes nouvelles ! Bises.  »

… ou infernaux :

14 juin 2008, Tom : « Va brûler en enfer pécheresse ! »

 

¤ Des collègues parfois obsédés de boulot mais sympatoches :

26 mai 2008, Angélique : « Est-ce que t’arrives à apprendre tout le voc du 2ème livre en grec moderne ? Rassure-moi… »

30 mai 2008, Marguerite : « Alea iacta est lacrimaeque libencis fluunt. »

4 juin 2008, Marguerite : « Ultimatum déclenché, votre lit s’auto-détruira dans 5 min si vous n’apportez pas une rançon de 6h de travail à la bibliothèque ! »

… Qui souhaiteraient déjà enclencher mon procès en canonisation ? Il est bien trop tôt gente Delphine !

28 juin 2008, Delphine : « Ste Zabou, si par hasard vous alliez à la fac, pourriez-vous prendre ma moyenne ? Mon sort est entre vos mains… »

 

¤ Des remerciements élégants :

14 juin 2008, J-B : « Tu sais que je viens d’achever ce pauvre hérisson si élégant avec une gourmandise qui frise l’indécence ? Merci Zabou, c’était un régal de gourmet. Bises et à bientôt ! »

 

 

¤ Et  bien sûr de l’incongruité à foison, surtout de la part de l’autre zouave :

19 janvier 2008, Arnaud : « Je prends le quidditch à travers les âges qui a l’air mieux que les animaux fantastiques. »

26 mai 2008, Arnaud : « Pourquoi les canards traversent la route en file indienne ? Pour aller de l’autre côté… Désolé. »

10 juin 2008, Marguerite : « le train au départ de Paris saint Lazare à destination de Malesherbes accuse un retard de… 3 mois… :-p »

27 juin 2008, Arnaud : « Tu connaîtrais les réf du texte chaud de la Bible qu’on avait vu dans une église en Normandie ? »

 

 

Veuille le nouveau portable se remplir de façon aussi chouette !

 

 

2 juillet

Ecrire selon Didier Rimaud

 
        Ecrire pour la liturgie, écrire pour soi, écrire à quelqu'un, c'est toujours écrire. La seule loi que je connaisse ici est celle de la présence à soi-même, du silence, du temps et du travail. Que j'aie envie d'écrire le texte d'un libre poème, d'une hymne ou d'une litanie, que l'on me demande de faire un texte pour un service liturgique précis, je suis toujours ramené au point en moi où quelque chose de ma foi cherche à se dire dans mon rapport à Dieu, aux hommes et au monde. Et ce rapport-là est un rapport de forces.
 
        Le Dieu auquel j'aime m'adresser, de vive voix ou par l'écrit, est celui à qui je dis : "Père, je te rends grâce !" et aussi : "Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?". Le monde où se célèbre la liturgie chrétienne est, tout à la fois, l'histoire sans parole de la Gloire de Dieu et la question qui m'interroge, lancinante : "Où est-il, ton Dieu ?" Les hommes que je rencontre, et avec qui je lutte sans savoir leur nom, sont des hommes qui me ressemblent : ils disent pouvoir se passer de Dieu, tandis que le Christ les assure de sa présence. Je ne cherche pas à écrire en pensant à tel ou tel type de pratiquants à qui je fournirais sa prière : j'écris ce que je me sens capable de chanter à Dieu, et de Dieu, dans le plus secret de moi où je sais ne pas être seul et retrouver mes frères.
 
        Mais il est vrai que ce qui me fait prendre un crayon et du papier, c'est souvent un mot de la Bible qui commence à bouger en moi et ne me laisse plus de repos, ou deux bouts de versets qui se mettent à jouer l'un avec l'autre et trouvent du sens, ou telle image fugitive cueillie dans la parole d'un autre et qui m'habite. Je ramasse. Je ramasse avec le désir que la trouvaille venue d'ailleurs se greffe dans l'entaille de mon coeur sauvage tout occupé d'amitié, de terre et de musique, avec le désir que le greffon bourgeonne et donne une pousse neuve. Et si cette pousse, longtemps taillée et retaillée, travaillée, me paraît avoir suffisament de vigueur, et de rigueur, pour être risquée dans l'univers liturgique, à côté des mots jaillis de la bouche de David, d'Isaïe, de Job, de Jean et de tous ceux qui ont fait le Livre, alors je lui laisse courir ce risque.
 
        Et c'est toujours en tremblant, toujours en me disant que je n'ai pas assez contemplé ce que Dieu me donne à lire dans le monde, les hommes et son Ecriture, toujours en me demandant si je ne me trompe pas sur la nature de celui qui me souffle à l'oreille : "Ecris donc ce que tu as vu". Il faudrait, comme Jean, n'obéir qu'à cette voix et n'écrire que cela : ce que d'abord elle nous aurait montré.
 
Didier Rimaud, sj
Introduction in Anges et grillons (Chants et poèmes I)

Tivi or not tivi

 
       Scène de la vie de famille, 2 juillet 2008
 
Grands-parents, tante, cousins (en vacances actuellement ici) et Zabou devant une émission de la tivi. Zabou, bien élevée, sait que cela ne se fait pas de lire en public mais les tentatives d'attention à l'émission n'ont provoqué que soupir intérieur et regard enamouré vers le livre qui attendait un peu plus loin. Que faire ? Comment m'éclipser ? Comment ouvrir ce livre, Manne céleste zabouienne et plonger dedans sans vexer personne ?
 
 
C'est alors que ma tante prit la parole, s'adressant à mes cousins :
 
A. : "Dites mes chéris, regardez sur le programme ce que vous aimeriez voir ce soir. Mais vous en parlez avec Zabou. Elle est chez elle et doit pouvoir regarder ce qu'elle a envie de regarder comme émission le soir."
 
Zabou : "Mais, euh... tata, en fait, je... euh... je ne regarde pas la télé le soir, moi."
 
A. et cousins, éberlués : "AH BON ???"
 
 
Conflit générationnel (je suis entre les 2 tranches d'âge) ? Folie de ma part ? Yeux roulants
 
J'ai peur. Et, visiblement, je fais peur aussi.
 

L'arbre à feuilles paroissiales

 

L’été s’annonce, comme chacun sait, par le temps des bilans mais aussi souvent par celui des rangements : trier, jeter, garder… pour se préparer à la suite ! Ce n’est jamais une opération facile pour moi avec mon côté  assez bordélique artiste.

 

Je constate cependant une chose, année après année : le nombre de feuilles paroissiales éparses dans ma chambre ne fait qu’augmenter. A quoi dois-je attribuer cette croissance exponentielle ? Dois-je l’attribuer à ma manie de fourrer dans mes poches les feuilles d’infos paroissiales et de les laisser traîner ensuite n’importe où selon l’axiome du « cela pourrait servir, non ? » Mais, dans ce dernier cas, pourquoi tant d’années se trouvent-elles représentées ? Etrange, étrange… Y aurait-il un arbre à feuillage permanent dans ma chambre, qui ne souffrirait jamais de la canicule ?

 

La densité du feuillage est inquiétante et la progression se fait à lents pas. La machette s’avérerait-elle nécessaire ? Non, tant l’exploratrice prend parfois de bonnes grandes pauses pour sourire, tout simplement !

 

 

 

1 juillet

A la nôtre !

 
Maggy et Zabou, fêtant par un p'tit verre leur licence
 
Mission "pot de licence Défense 2008" accomplie.