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    July 31

    Au soir

     
    - coucher de soleil au château d'Heidelberg -
     
    Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.
    Plus qu'un veilleur ne guette l'aurore, attends le Seigneur, Israël.
     
    Ps. 129 [130]
     

    ZD une bonne idée

     
    Jeudi prochain, je passe un examen qui montrera, peut-être, mon niveau d'allemand. Mais ce n'est pas tout !
    Voilà en effet tout ce que je pourrai faire APRES une éventuelle réussite selon la brochure.
     

    Après avoir réussi cet examen, vous pouvez par exemple

    • être en mesure de comprendre les informations essentielles des conversations, des annonces publiques et des messages radio, même dans les détails,
    • comprendre précisément les principales informations des articles de journaux, des statistiques et des descriptions se rapportant à la vie quotidienne,
    • rédiger des messages cohérents, privés ou informels, comme des lettres ou des e-mails,
    • participer à une simple conversation sur un sujet qui vous intéresse personnellement, donner votre avis en quelques mots et réagir de manière appropriée à l’opinion de votre interlocuteur,
    • faire le récit d’une situation de la vie quotidienne, soumettre une proposition ou convenir de quelque chose.
    Ah ben quelle chance ! Je me demandais bien ce que j'allais pouvoir faire après...
    July 30

    Taizé Gebet

     
    Hier soir, dans la crypte d'une belle église jésuite - vous trouverez quelques infos sur ma paroisse d'adoption en terre étrangère ici : http://de.wikipedia.org/wiki/Jesuitenkirche_(Heidelberg) et ce sera encore mieux quand je posterai depuis mon pc pour les photos - hier soir donc était annoncée une prière de Taizé.
     
     
    Priére oecuménique, prière inspirée de celle d'une belle communauté sise sur une colline en France. Je ne pouvais qu'y aller pour voir... et pour prier.
    Dans le calme, je descendis les marches, pensant ne trouver qu'une dizaine de personnes et quelle fut ma surprise de voir la crypte presque pleine, chacun passant à l'entrée un chale où était inscrite une phrase de l´Evangile. Pour moi ce fut, dans II Cor : "Le fruit de l'Esprit est l'Amour". Pas mal quand on connait le passé de nos deux pays non ?
     
    Je m'assis, observant autour de moi et, peu à peu les chants s'élevèrent : Miracle de ces rengaines dans toutes les langues que l'on connait par le coeur !
    Le calme se fit et, curieusement, l'étrangère que je suis ici se trouva chez elle. Sourire en coin pour le "Jésus le Christ", à fort accent allemand, sourire profond pour le reste : un instant de calme à l'heure où l'étranger commencait à me peser, où Paris commencait a me manquer.
     
    Behüte mich Gott, ich vertraue dir
    Du zeigst mir dem Weg zum Leben
    Bei dir ist Freude, Freude in Fülle.
     
    Surprise de la soiree : un protestant y prononcait les paroles necessaires à son entrée dans l'Eglise catholique, avec docs officiels de l'archeveque de Freibourg et tout cela entouré de Protestants et de Catholiques certainement en nombre égal, dans la ville où Luther défendit ses thèses. Surprise de la paix qui régnait, comme si tout était à sa place, dans la paix.
     
    Frieden, Frieden, hinterlasse ich euch
    Meine Friden gebe ich euch
    Euer Herz verzage nicht.
     
     
    ------------------------------------------ 
    Hier soir, ayant "séché" la proposition d'un bar, tout le monde fut au courant de mes activités pas clandestines. Et voilà le résultat, en guise d'excipit :
    Ce matin, nous finissions de travailler ce qui tient lieu de conditionnel en allemand et nous devions faire une phrase en allemand sur notre voisin, avec "Ce serait mieux si tu....".
    Extrait traduit entre mon voisin, jeune prof de philo espagnol et moi-meme :
    Moi : Ce serait mieux si tu buvais moins de bières !
    Lui : Ce serait mieux si tu allais moins à la messe !
     
    Hmmmm ? Augenrollendes Smiley 
     
    July 29

    Université libérée ?

     
             Puisque j'ai trouvé un cybercafé avant de me rendre à une prière de Taizé, j'en profite pour partager une page culturelle. En effet, ici, j'ai pu découvrir que ma chère collègue n'avait rien inventé en gravant pour la postérité de médiévales histoires sur les tables d'une certaine université. (Voui, je cafte). A Heidelberg se trouve une curiosité locale très importante : une prison pour étudiants !
     
     L'entrée.
     
    Pourquoi donc ? Car les étudiants d'ici avaient trouvé moyen d'avoir leur propre juridiction ! Et il fut de bon ton durant tout le XIXème siècle - et ce jusqu'en 1914, date de fermeture de la prison - d'avoir fait un tour par le cachot pendant ses études. On pouvait y jouer aux cartes, y manger... et y boire, assister aux cours en passant par une porte menant à l'université et, surtout, décorer tous les murs !!!
     
     
    Comment s'y rendre ? Il suffisait d'un peu d'imagination : tapage nocturne, jouer avec le képi d'un policier ou, le grand jeu de l'époque, libérer porcs et porcinets dans les rues de la ville ! Que d'amusement ! Sur les murs, on peut lire des détournements de poèmes, de chansons, des signatures, des dessins ou encore des indications très importantes.
     
    Image Hosted by ImageShack.us
     
    Quel luxe en ces lieux !!!
     
     
     
     Tout cela parce que les étudiants furent toujours des anges ! Non ?
     

    News d'Allemagne

    Tout va bien !!!
    Z'etes contents hein ?
     
    J'ai un super prof qui trouve que keine Funktion et  pas d'utilite, c'est vachement romantique. Ah, les Allemands ont vraiment tout compris !
     
    Allez, je file profiter des specialites locales... hmm, je ne preciserai rien de plus,  Bis bald !
    July 25

    Simple semaine

     

    Un mariage toulousain extraordinaire de joie et d’émotion, de simplicité vécue à 130 personnes, où l’amitié put également se re-cueillir : des moments qui s’ancrent profond, pour encrer dans l’Amour un bel avenir. À noter aussi : une signature sur un registre, quelques vocalises, une émotion à peine dissimulée….

     

    Mariés !

     

     

    Un (dé)tour par une belle abbaye où le réel put rencontrer le spiritualo-virtuel : joie ! Et partager, quelques heures, la prière d'une communauté où fleure bon la joie de vivre.

     

     

     

    L’accueil des nouveaux Lettreux en Sorbonne, quand quelques presque-Anciens, tuteurs de leur état, viennent accueillir 211 p’tits Nouveaux (en les comptant, parce qu’un lettreux doit savoir tout faire) dans leur Vénérable et Antique Maison. Des heures à guider (… mais pourquoi donc ? …) , des heures à rassurer, des heures à expliquer le pourquoi d’un cursus si aimé.

     

    Un départ pour l’Allemagne, une bise et quelques heures avec les amis jumelés de mes aïeuls en Bavière, beaucoup de bière d’allemand, de rires et quelques visites, dans la joie des retrouvailles. Emotion, là aussi, encore, à cause de celui qui aime s’auto-appeler « mon troisième grand-père ».

     

    Cultiver son jardin

     

     

    Et maintenant à Heidelberg. Quinze jours intensifs pour causer mieux deutsch, officiellement. Officieusement, découvrir, regarder, aimer, une autre culture. Du travail ?

     

    D’aucuns diront que je n’ai pas encore trouvé l’emplacement de la touche pause : c’est vrai.

    Mais, franchement, quelle belle semaine !

     

    P.S. : Et sinon ?

    Sinon, mon blogue migre peu à peu vers là-bas http://www.zabou-the-terrible.fr/dotclear/? (j’enlèverai le dotclear de l’adresse prochainement, n’ayez crainte) alors pour ceux qui ne savent comment s’ennuyer au bureau, vos critiques sont les bienvenues ! (Y a encore du travail, hein…).

     

    July 16

    Ô Toulouse

     
              Je pars, pars, sur les chemins du monde.
              Ou plus exactement dans le Lointain Sud, à Toulouse, au mariage d'une amie d'enfance dont je serai samedi la témoin.
              Ca va être chouette, c'est clair.
     
              Ce qui m'amuse aussi, c'est ce clin d'oeil matinal, dernier mail de la mariée à ses témoins qui nous retrace tout le programme de ces quelques jours à venir. Concernant dimanche, il y a la messe célébrée par son tonton père blanc. Juste après cette mention, on trouve : "Isa, tu gères la messe ?". Je ne comprends absolument pas pourquoi... Clin d'oeil
     
              Allez, zou, on finit le sac et on démarre la voiture pour "gérer de messes" et signer une paperasse, entre autres choses... Avec un grand grand sourire !
    July 13

    Sur les routes des vacances ? Hum...

     
    Tiré de "La Revanche de l'Infâme" :
     
             Il est évident que tout automobiliste ambitieux est un assassin avec préméditation, puisque un tel sport implique, à son escient et à peu près nécessairement, le massacre de toute créature animée qui pourra se rencontrer sur son chemin. Cela est formel, absolu, indiscutable et l'avachissement inouï des contemporains est seul capable d'expliquer l'ignoble patience qui encourage ce meurtrier.
     
             Il y a deux ans, me trouvant dans un pays mortellement affligé d'automobilisme, je conseillai aux cultivateurs exaspérés de saluer au passage les automobiles avec des pompes à merde. J'allai même jusqu'à préconiser l'obstacle devant et l'obstacle derrière, dans les bouts de route isolés, puis la destruction des machines à coup de merlin, sans préjudice d'une capilotade consciencieuse pour les touristes exaltés, mâles ou femelles. Mais tout le monde gueule et personne ne marche. C'est la couardise, la pusillanimité universelles.
     
             Jamais on ne s'est tant fichu des pauvres, c'est sûr, mais jamais les pauvres ne l'ont tant permis. Cela les flatte, semble-t-il, d'être écrasés par des machines qui ont coûté jusqu'à cent mille francs. Il se dit et il s'imprime que l'industrie des automobiles occupe un nombre incalculable d'ouvriers, qu'elle en occupera demain le double ou le triple, ce qui donne lieu d'espérer qu'à la fin elle occupera tous les ouvriers sans exception. Les deux tiers de la population de la France et des colonies fabriqueront exclusivement des automobiles innombrables au moyen desquelles il seront écrasés quotidiennement et studieusement par le dernier tiers. Il est possible que tel soit le joli destin. Ce serait la levée en masse pour la bonne guerre du parfait abrutissement français. Il y a dix ans, à peine, la bicyclette semblait avoir atteint d'un bond ce résultat. Personne déjà, ne lisait plus rien. Mais l'automobile est un instrument du progrès à tout casser, à tout enfoncer, à tout écraser.
     
            Sans doute la culture des champs est abandonnée et il se pourrait assurément qu'on crevât de faim en allant plus vite. J'ignore s'il y a là une difficulté inextricable et ce n'est pas à moi qu'il appartient de la débrouiller. Toutefois cette circonstance ne change rien au fait indéniable de l'idiotification d'un peuple qui fut le premier de la terre. Ceci est autrement grave que l'écrasement éventuel des individus ou des multitudes.
     
            Qu'un milliardaire infect enrichi par les plus criminelles spéculations et gavé de la substance des misérables, vienne à s'aplatir bêtement et ignoblement contre un arbre ou contre un mur, désormais impurifiable, en accomplissant, au mépris de la vie des autres, un balourd exploit de vitesse, deux cent journaux, le lendemain, lui décerneront le marture et glorifieront en cette charogne une victime du devoir et de la PENSEE !!! Ne dirait-on pas un faire part du décès de la Raison humaine.
     
    in Léon Bloy,  Quatre ans de captivité à Cochons-sur-Marne.
     
    July 12

    "Si vous ne devenez pas comme les petits enfants..."

     
    Être ange, c'est étrange
     

    « Si vous ne devenez pas comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux »

     

                    Je partais là-bas portant en moi la densité d’une année éprouvante.

                    J’y suis arrivée ayant en tête des déroulements précis, des animations cadrées.

                    Je suis arrivée, je me suis dit : laisse tomber.

     

                    Ils sont arrivés.

    J’ai ouvert mes yeux et mes oreilles.

    Ils ont parlé.  

    J’ai écouté.

     

                    Ensemble,

    On a joué,

    On a chanté,

    On a prié.

     

                    On a pris le temps du silence, parfois.

                    On a causé. Beaucoup même.

     

                    Je me suis laissée désarmer par des réflexions percutantes, qui sortent des ornières bien tracées que chacun pense devoir emprunter. Des questions, des remarques… des chemins qui osent déranger, qui osent interpeller.

    Là, pas moyen de se cacher avec des phrases toutes faites : un enfant ne supporte pas le masque, il s’agit d’être vrai.

     

    Alors il faut avouer nos propres questions, nos propres doutes.

    Dire notre cheminement, parfois même oser partager quelques unes de nos blessures, même si c'est douloureux, pour leur donner confiance.

    Non, les « grands » ne sont pas meilleurs, ils cherchent comme tous les « petits »… qu’ils sont aussi. C’est donc une quête à plusieurs, peut-être le vrai Grand Jeu de la semaine qui, lui, n’a pas de fin.

    Et l’on marche, et l’on continue de marcher.

     

    Ils sont partis vers leurs lieux de vacances, des étoiles dans les yeux.

                    Je suis simplement repartie émerveillée.

     

    July 05

    Départ pour l'EDP

     

    Seigneur, pour ne pas tomber dans l’habitude, la routine,

    Donne-moi de m’émerveiller sans cesse devant les sourires de ces enfants que tu me confies cette semaine.

    Donne-moi de savoir être témoin de l’Évangile, pour les aider à grandir dans cette Foi, cette prière qu’ils viennent chercher six jours, loin de tout.

     

    À samedi !

     

    July 03

    Bombe H

     
    J'annonce, ô critiques, que c'est À vau-l'eau que nous irons l'année prochaine.
     
     
    Et l'on pourrait même rajouter un sous-titre :
    « De l'utilité de l'inutilité»
     
    Mouarf mouarf mouarf...
     

    Bon, ben, voilà...

     
     
    Bienvenue Philia !
     
    July 01

    Scribe

     
     

    Certains se chargent si bien de l’écriture du pouvoir qu’on en oublie, tant par réaction que par paresse, le doux et profond pouvoir de l’écriture. Ce pouvoir qui, à travers fines pattes de mouches, ratures et pâtés, traverse les siècles et vient nous rejoindre, comme une lettre arrivée à destination, enfin. Joie, bonheur, profondeur de l’écriture manuscrite que l’on ne cessera jamais de clamer malgré ses imbéciles contempteurs qui ne savent y lire qu’une ridicule perte de temps.

     

    Il y a une émotion indicible à prendre un manuscrit dans ses mains, tremblantes. L’écriture. Quelques traits seulement mais combien plus pour l’amateur de romans, pour l’ami à travers les âges de l’auteur, et puis, simplement, pour celui qui, un jour, un soir, a déjà peiné devant la page blanche, biffant, récrivant sans cesse, pestant contre sa plume si misérable.  Et là, admirer un Grand.

     

    Je suis tombée amoureuse de ces pages que je voyais pour la première fois, de ces lignes tracées par une plume qui m’est chère. Pourtant la question demeure et je ne sais encore si je travaillerai sur ce texte l’an prochain. Ce que je sais, c’est que je rends grâce pour l’émerveillement qui m'a saisie grâce à ce manuscrit, le premier que je touchais et lisais vraiment, qu'on me confiait sans crainte. Comme si une secrète complicité indéfectible se liait entre un certain J.-K. et moi, après tant d’années.  

     

    Signature de Huÿsmans

     

    Les heures de la nuit

     
    Comme toujours, il fait nuit noire.
    Et, toujours, ces questions qui reviennent,
    Comme une lancinante litanie
    Au but incertain, au goût doux-amer :
    Il va me falloir choisir.