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[A venir selon mes choix de séminaires]
Zabou the terrible |
July 02 Ecrire selon Didier Rimaud Ecrire pour la liturgie, écrire pour soi, écrire à quelqu'un, c'est toujours écrire. La seule loi que je connaisse ici est celle de la présence à soi-même, du silence, du temps et du travail. Que j'aie envie d'écrire le texte d'un libre poème, d'une hymne ou d'une litanie, que l'on me demande de faire un texte pour un service liturgique précis, je suis toujours ramené au point en moi où quelque chose de ma foi cherche à se dire dans mon rapport à Dieu, aux hommes et au monde. Et ce rapport-là est un rapport de forces.
Le Dieu auquel j'aime m'adresser, de vive voix ou par l'écrit, est celui à qui je dis : "Père, je te rends grâce !" et aussi : "Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?". Le monde où se célèbre la liturgie chrétienne est, tout à la fois, l'histoire sans parole de la Gloire de Dieu et la question qui m'interroge, lancinante : "Où est-il, ton Dieu ?" Les hommes que je rencontre, et avec qui je lutte sans savoir leur nom, sont des hommes qui me ressemblent : ils disent pouvoir se passer de Dieu, tandis que le Christ les assure de sa présence. Je ne cherche pas à écrire en pensant à tel ou tel type de pratiquants à qui je fournirais sa prière : j'écris ce que je me sens capable de chanter à Dieu, et de Dieu, dans le plus secret de moi où je sais ne pas être seul et retrouver mes frères.
Mais il est vrai que ce qui me fait prendre un crayon et du papier, c'est souvent un mot de la Bible qui commence à bouger en moi et ne me laisse plus de repos, ou deux bouts de versets qui se mettent à jouer l'un avec l'autre et trouvent du sens, ou telle image fugitive cueillie dans la parole d'un autre et qui m'habite. Je ramasse. Je ramasse avec le désir que la trouvaille venue d'ailleurs se greffe dans l'entaille de mon coeur sauvage tout occupé d'amitié, de terre et de musique, avec le désir que le greffon bourgeonne et donne une pousse neuve. Et si cette pousse, longtemps taillée et retaillée, travaillée, me paraît avoir suffisament de vigueur, et de rigueur, pour être risquée dans l'univers liturgique, à côté des mots jaillis de la bouche de David, d'Isaïe, de Job, de Jean et de tous ceux qui ont fait le Livre, alors je lui laisse courir ce risque.
Et c'est toujours en tremblant, toujours en me disant que je n'ai pas assez contemplé ce que Dieu me donne à lire dans le monde, les hommes et son Ecriture, toujours en me demandant si je ne me trompe pas sur la nature de celui qui me souffle à l'oreille : "Ecris donc ce que tu as vu". Il faudrait, comme Jean, n'obéir qu'à cette voix et n'écrire que cela : ce que d'abord elle nous aurait montré.
Didier Rimaud, sj
Introduction in Anges et grillons (Chants et poèmes I) Tivi or not tivi Scène de la vie de famille, 2 juillet 2008
Grands-parents, tante, cousins (en vacances actuellement ici) et Zabou devant une émission de la tivi. Zabou, bien élevée, sait que cela ne se fait pas de lire en public mais les tentatives d'attention à l'émission n'ont provoqué que soupir intérieur et regard enamouré vers le livre qui attendait un peu plus loin. Que faire ? Comment m'éclipser ? Comment ouvrir ce livre, Manne céleste zabouienne et plonger dedans sans vexer personne ?
C'est alors que ma tante prit la parole, s'adressant à mes cousins :
A. : "Dites mes chéris, regardez sur le programme ce que vous aimeriez voir ce soir. Mais vous en parlez avec Zabou. Elle est chez elle et doit pouvoir regarder ce qu'elle a envie de regarder comme émission le soir."
Zabou : "Mais, euh... tata, en fait, je... euh... je ne regarde pas la télé le soir, moi."
A. et cousins, éberlués : "AH BON ???"
Conflit générationnel (je suis entre les 2 tranches d'âge) ? Folie de ma part ?
J'ai peur. Et, visiblement, je fais peur aussi.
L'arbre à feuilles paroissiales
L’été s’annonce, comme chacun sait, par le temps des bilans mais aussi souvent par celui des rangements : trier, jeter, garder… pour se préparer à la suite ! Ce n’est jamais une opération facile pour moi avec mon côté assez
Je constate cependant une chose, année après année : le nombre de feuilles paroissiales éparses dans ma chambre ne fait qu’augmenter. A quoi dois-je attribuer cette croissance exponentielle ? Dois-je l’attribuer à ma manie de fourrer dans mes poches les feuilles d’infos paroissiales et de les laisser traîner ensuite n’importe où selon l’axiome du « cela pourrait servir, non ? » Mais, dans ce dernier cas, pourquoi tant d’années se trouvent-elles représentées ? Etrange, étrange… Y aurait-il un arbre à feuillage permanent dans ma chambre, qui ne souffrirait jamais de la canicule ?
La densité du feuillage est inquiétante et la progression se fait à lents pas. La machette s’avérerait-elle nécessaire ? Non, tant l’exploratrice prend parfois de bonnes grandes pauses pour sourire, tout simplement !
June 30 Valse avec BachirPour ce premier film de la fête du cinéma 2008, mon choix s’est porté sur un film d’animation : Valse avec Bachir.
Le sujet ? La guerre, troublante jusqu’à l’oubli pour le narrateur. S’ouvre alors une quête de la mémoire perdue, prétexte au témoignage polyphonique et finalement à une quête du « moi » humain, capable de commettre « tout cela ». Et d’incertitudes en vérités assenées, l’amnésie sélective s’éclaire…
Clairement situé dans la lignée de l’excellent « Persépolis », Valse avec Bachir nous offre un regard d’un calme étonnant sur l’horreur. Si le rythme s’essouffle parfois, si les traits psychanalytiques sont parfois trop poussés, ce sont les seuls reproches qui me semblent pouvoir être faits à ce beau film sur un sujet délicat, mais pertinent.
June 29 saint Pierre - saint Paul
Saint Pierre, saint Paul, apôtres.
Un lâche et un persécuteur : pourtant deux hommes au service de Dieu.
Modèles de l’engagement plénier à la suite du Christ, malgré toute leur misère et leur impuissance… qui est aussi nôtre.
Rouge du sang, rouge des témoins étant allés jusqu’au bout, rouge de l’Esprit qui parcourt la terre et les cœurs : c’est ainsi que nous les fêtons aujourd’hui.
Modèles pour nous, clairement, et sur de nombreux domaines mais c’est sur celui de l’engagement que notre aumônier choisit de prêcher aujourd’hui et c’est avec attention que j’écoutai l’appel vibrant à s’engager activement au sein de la communauté ecclésiale, lancé à chacun. La moisson est abondante, les ouvriers sont peu nombreux. Je me disais que c’était bien, que c’était nécessaire mais qu’il y avait un manque cruel dans toute cette liste, c’était l’appel à arrêter de jouer aux pompiers.
Non, non et non, ce n’est pas parce qu’ils circulent en rouge : je parle plutôt de ces « pompiers » de l’engagement, de ceux qui éclaboussent les meilleures volontés avec une lance d’incendie, faisant hurler la sirène d’alarme : « mais Dieu n’en demande pas tant ! ». Sans blague. Il y aussi les amateurs de la litanie plaintive -très spécifique- des « Il faudrait », producteurs effrénés de beaucoup de bruit.
Ces pompiers sentent pourtant l’amateurisme : à côté de leurs mégardes, ils ne tiennent pas compte du vent.
Qui souffle, rallume et ravive sans cesse le feu qui couvait sous la cendre.
June 28 Entrée dans l'année saint Paul![]() Ce jour : entrée dans l'année saint Paul :
"Proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps !"
Cauchemar : l'épreuve finale- Vous avez été sélectionnée pour l’épreuve finale. Stressée au plus haut point, je me demandais ce dont il pouvait bien s’agir. On venait de me faire rentrer par une porte dérobée –une de plus que je ne connaissais pas !- dans un amphi qui m’était encore inconnu, placé sous le patronage d’illustres statues que je ne parvenais pas à reconnaître immédiatement. Là, l’épreuve finale m’attendait : « Mademoiselle, pour obtenir ce poste, vous allez devoir présenter un exposé devant le jury que voici. »
Je regardai l’assistance : trois sorbonnards parmi les plus chevronnés, presque ancrés dans ces murs antiques et auteurs de multiples ouvrages dont certains embellissaient même ma bibliothèque personnelle. J’allais devoir affronter l’expérience et l’intelligence critique avec toute la simple fougue de ma jeunesse : dur.
« Ces professeurs, que vous connaissez, ont vécu des dizaines et des dizaines de colloques. » Sans blague monsieur. « D’accord. Qu’attendez-vous de moi ? Une théorie révolutionnaire ? Une consultation du Klapp ultra-rapide ? Autre chose ? »
- Ne vous emportez pas. Une seule chose vous est demandée : parvenir à les endormir. Le sourire qui ornait mon visage s’effaça d’un coup et je compris la précision de mon mentor : l’horreur.
Un entraînement de dizaines d’années entières, une sélection en équipe nationale à multiples reprises, des milliers d’exposés entendus et d’articles illisibles par le commun des mortels lus, des dizaines de thèses hermétiques chapeautées… et j’étais face à ceux-là.
Le défi était ardu, féroce.
June 26 LicenceBon, voilà, il fallait bien que cela m'arrive un jour :
depuis ce matin, je suis officiellement licenciée ès lettres.
Bizarre comme on se sent grand... et tout petit.
Ayant appris moult choses passionnantes que d'aucuns qualifieraient d'inutiles, on a acquis quelques petits traits savants et antiquisants, usant et abusant même du latin à nos heures perdues. Dans le même temps, on se sent complètement ignare face à ce qu'il reste à acquérir, surtout quand l'on écoute nos admirables professeurs. Et l'on apprend à devenir tout humble devant la connaissance. A ne pas (ou plus...) oser dire qu'on la possède mais seulement à la contempler et à, parfois, oser en déguster et digérer quelques délectables mets pour mieux les faire partager.
Licenciée ès lettres... N'y a-t-il pas dans cette expression comme une délicate senteur surannée ? Celle d'un temps où faire ses Humanités était passage obligé ? Maintenant, il y a un côté fou, frappadingue à faire ces études, parce qu'a contre-courant et à contretemps des moeurs d'un temps, notre temps, où l'utilitarisme règne en maître.
Peut-être est-ce d'ailleurs parce que nous abusons de notre licence, peu poétique mais fantaisiste, de parole que nous sommes licenciés... ... et peut-être seuls à être heureux de l'être ! Zabou, licenciée ès lettres et/ ou masterante en littérature française ?
June 24 Du fanatisme "Le Fanatisme, c'est de prononcer oui ou non sur n'importe quoi. Il n'y a pas d'autre définition. "Que votre discours soit : Oui, oui ; Non, non." Telle est la formule du fanatisme dans le Sermon sur la Montagne. Vous voyez combien c'est simple. Seulement il faut savoir.
Quand on vous demande : Etes-vous chrétien ? si vous répondez : Oui, sans périphrase, vous êtes un fanatique. Si vous répondez : non, vous êtes encore un fanatique. Si vous ne répondez pas du tout, on vous soupçonnera du fanatisme le plus dangereux."
in L. Bloy, Exégèse des Lieux Communs, n°LXXXII
Ne pas craindre
« Ne craignez pas », c’était l’Evangile de dimanche dernier. Et moi, eh bien, je l’ai pris pour moi : je venais d’apprendre une charge qui me faisait flipper… Un groupe de presque 40 servants à diriger –ou plutôt à servir- l’an prochain.
Quand on me confia le groupe, je stressais déjà malgré ma joie de m’en occuper mais alors nous n’étions que 20. Puis nous devînmes 30, puis encore un peu plus pour arriver en début d’année prochaine à ces « presque 40 », énorme.
Oui, les jeunes affluent dans notre groupe et je ne peux que m’en réjouir. Oui les jeunes restent, trouvant là quelque chose, je ne sais quoi exactement, qui les aide dans leur vie chrétienne. Oui, les jeunes reviennent des sorties et des pélés avec un sourire large jusqu’aux oreilles. Mais voilà la responsable a peur. Elle voit les longs moments passés à préparer les réunions quand on est 20 ou 30 et se demande ce qu’il en sera quand on sera 40, elle repense aux nuits quasiment blanches avant les sorties, aux dissert finies en pleine nuit parce que tout le temps libre avait été consacré au groupe. Et puis, il y a l’équipe d’aumônerie aussi -car, folle que je suis, j’ai resigné pour un an- mes amis, mes études, peut-être même un futur travail à la fac de quelques heures par semaine…
Ouais, Seigneur, je flippe grave en fait devant tout cela, malgré la présence de mes deux amis de coresponsables. Et pourtant, il y a le sourire de mes jeunes, transcendant les pires fatigues, la joie du Service et la Confiance, toujours. Mais on se sent bien faible et impuissant face à tout cela. Peur de ne pas être à la hauteur de la tâche, aussi. C’est alors que la Parole de ce jour est venue comme un écho renforçant celle de dimanche : « c’est mon Dieu qui est ma force ». Ah c’est pas faux, oui. Et j’entendis même comme un petit écho qui me renvoyait à ce fameux texte phare d’Isaïe 43 « Ne crains pas car je suis avec toi ».
Ok, ok, j’ai compris…
June 23 Bris et bruits![]() Frictions. Eclats. Bris.
Irréparables, dit-on. Malheur, entend-on et même, parfois, l’Accusation terrible entre toutes : tu as osé poser un choix ! Parce qu’un amen n’a pas été dit, un jour. Parce que tu as été toi, péché sans rémission possible.
Et le temps passe, et le temps coule, s’enfuit sous les doigts impuissants à recoller le puzzle délicat d’années passées à collaborer, à compagnonner dans un doux labeur.
Un autre jour, le hasard d’une place, le soleil estival, un quelque chose dans l’air de joyeux. Et deux éclats se rencontrent, se prennent par le bras et ce qui les tenait ensemble réapparait comme en filigrane, à la lueur d’un soleil intérieur. Plus solide qu’une réparation à la colle. Sans gommage ni maquillage des fractures. Simplement, elle est. Gaudemus ! Samedi 21 juin, fête de la musique. Et c'est une drôle de musique, d'un peuple qui chantait ensemble qui se fit entendre le matin quelque part dans Nanterre, puis dans tout le diocèse, puis dans l'Eglise, mélopée diverse et harmonieuse, résonnant d'un coeur à l'autre et qui ne cessait de s'amplifier.
![]() 21 juin : ordination sacerdotale de Yannick Demey
Pour lire l'homélie de Mgr Daucourt, c'est ici !
June 19 D'un certain art de vivre... Puisque nous parlions de Baudelaire, voici un billet interdit aux mineurs même s'il y est question de fée et que tout y semble plus magique, vaporeux et évanescent... Car je veux, à mon tour, composer mes églogues !
![]() Tout un art qui nécessite initiation, doigté, finesse !
![]() Après le Phoenix, après Jésus, la fée : bref, feli(x)itude !
Hélas, le résultat de cette boisson demeure consternant. Pour le prouver, Zabou a enquêté pour vous en suivant deux jeunes après leur initiation ab(i)sinthique, bien qu'ils prétendent avoir fait simple acte de culture et être à jeun. Le résultat de cette enquête n'est qu'une simple image, ô combien édifiante ! Hélas, hélas, pauvre jeunesse :
![]() Un jeune étudiant ingénieur et une sorbonnarde tentent de s'initier au langage des Anatinae : vibrations intellectuelles puissantes ?
Peut-être...
Ou pas quand le canard est en plastique.
- Jusqu'au 30 juin au musée de Montmartre-
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